Institution d’envergure planétaire, le Festival de Bayreuth célébrera avec une exécution solennelle de la « Neuvième Symphonie » de Beethoven, le 25 juillet 2026, le 150ème anniversaire de son inauguration et de la création mondiale complète de la Tétralogie. Philippe Olivier réunit ici souvenirs, observations d’ordre historique, hommage à divers gloires vocales et musicales ayant triomphé sur « la verte colline » et commentaires sur la santé robuste d’une maison toujours contrôlée par la descendance de Richard Wagner. Elle tient du Walhalla, à une heure où le dispositif culturel français se prépare un triste avenir.
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En 1961, j’étais âgé de neuf ans. Mon oncle Paul Gérard (1921-1983) m’emmena au Festival de Bayreuth afin d’y assister avec lui et ma tante Irène à un spectacle intitulé « Parsifal », spectacle dont chacun sait qu’il est très recommandé pour les enfants.[1] Je découvris bien plus tard que la représentation, dirigée par le vénérable Hans Knappertsbusch, comportait une distribution éclatante où figuraient notamment Irene Dalis, Jess Thomas et Hans Hotter, tout comme Gundula Janowitz et Anja Silja parmi les filles-fleurs. Oncle Paul attira, cet été-là, mon attention sur la nécessité de ne jamais se priver du meilleur. [2] Il tint promesse. Mon baccalauréat une fois en poche, il m’invita au Festival de Lucerne. J’y entendis notamment, en l’espace d’une semaine, des chefs d’orchestre nommés Bernard Haitink, Claudio Abbado, Rafael Kubelík, Eugen Jochum ou Karl Böhm.
En parallèle, mon oncle commença à m’initier au complexe sujet de Bayreuth, comme à ses satellites. Il m’apprit comment une petite ville de Haute-Franconie avait été retenue par un certain Richard Wagner pour que s’y dresse un théâtre uniquement destiné à la présentation de ses opéras. Il me raconta avec un peu d’effroi – il était le maire très économe d’une commune des Vosges – que des sommes gigantesques avaient été dépensées en vue de l’édification de ce temple, doté d’une acoustique devenue légendaire. Il aborda à larges traits la liste interminable des personnalités de tout genre s’étant rendues à Bayreuth. Se trouvaient sur celle-ci Tchaïkovsky, Saint-Saëns, Agatha Christie, Elvis Presley, le frère de l’Empereur Hiro Hito, le futur Benoît XVI ou Romy Schneider, tout comme une profusion de ministres et de chefs de gouvernement venus parfois de très loin. Comme tous les autres spectateurs, ils participaient à la perpétuation des pratiques théâtrales de l’Antiquité grecque. Wagner s’était inspiré de l’amphithéâtre d’Épidaure en donnant naissance à la salle du Festspielhaus. Un culte s’y était mis en place, de même que dans le village bavarois d’Oberammergau, site des Jeux de la Passion depuis 1633. Le naïf et pur Anton Bruckner (1824-1896), un catholique confit en dévotions, se rendit plusieurs fois à cet effet dans les deux localités.
Il pleura, comme Franz Liszt, lors de la création de « Parsifal » en 1882. Les deux hommes étaient des catholiques fervents. Ils décelaient dans les figures de Kundry et de Klingsor les symboles d’une tradition spirituelle condamnée par le christianisme. Tant à Bayreuth qu’à Oberammergau. Le roman récent de Robert Löhr (*1973), un succès de librairie outre-Rhin, présente justement deux Juifs errants, Goldberg et Rosenthal, qui « amenèrent le large monde dans la vallée de l’Ammer », là où se trouve Oberammergau. [3] On les y recruta pour jouer Caïphe et Hannas, comme Richard Wagner choisit Hermann Levi (1839-1900) afin de diriger la première exécution mondiale de « Parsifal ». Bouillait alors déjà l’épouvantable marmite dont Adolf Hitler contrôla plus tard le fonctionnement. Alors qu’il cherchait à déstabiliser la première République de l’histoire allemande, il se mit à fréquenter Bayreuth à partir du milieu des années 1920. Il eut son rond de serviette à la Villa Wahnfried, la demeure des Wagner. Le conglomérat à tout le moins problématique objet du présent paragraphe aura été pris en considération par mon confrère allemand Stephan Mösch (*1964) dans un récent livre consacré à l’histoire du Festival de Bayreuth.[4] Il s’agit d’un travail de bénédictin, éloigné de tout intérêt pour la langue de bois.
Retrouvons Eugen Jochum et Karl Böhm, deux noms fameux de la vieille école de direction d’orchestre liés à Bayreuth. Ils y seront prononcés – cet été – sur une verte colline en allégresse à cause de la célébration du 150ème anniversaire de la tenue du premier festival et de la première représentation intégrale de la Tétralogie dans le monde. Il s’agira d’un événement culturel planétaire, attestant de la stabilité culturelle de l’Allemagne – ou de la Bavière si l’on préfère ! –, en dépit de deux conflits armés mondiaux provoqués par elle-même, de crises économiques à répétition ou de guerres de succession dans la famille Wagner. Par comparaison, l’état de délabrement du dispositif culturel français et les lourdes sanctions budgétaires menaçant aujourd’hui sa vie laissent à penser que « Le Crépuscule des Dieux » n’a désormais qu’un caractère fictionnel au-delà de la rive droite du Rhin. Pourtant, la France aura joué un rôle indéniable dans la saga wagnérienne. Qu’on se souvienne – entre autres – du « Ring » de 1976, dirigé par Pierre Boulez (1925-2016) et mis en scène par Patrice Chéreau (1944-2013). Il suscita d’abord un immense scandale, un ramassis de nationalisme parfumé au goût du nazisme résiduel et de francophobie militante. Les détracteurs germaniques de Boulez et de Chéreau proclamaient que la production d’un « Ring » en France était chose impossible. Pourtant – et afin de rester dans le temps spécifique de ces ennemis des Gaulois – je rappellerai les Tétralogies montrées à Rouen en 1927, 1935 et 1937, à Bordeaux en 1948 et à Toulouse en 1949.[5]
L’engagement du tandem Boulez-Chéreau avait été décidé par Wolfgang Wagner (1919-2010), directeur général du festival et personnage hors du commun dont le salaire mensuel était celui d’un général de division. Comme souvent dans ce métier, il fut confronté aux hésitations et aux renoncements de metteurs en scène d’envergure. Pour ce qui se rapporte à Bayreuth, des personnalités telles que Lucchino Visconti, Wim Wenders ou Lars von Trier finirent par décliner les propositions de Wolfgang Wagner. Le seul nom de Bayreuth impressionnait trop ces artistes pourtant habitués à l’excellence. Informé de ces grandes occasions manquées, Stephan Mösch les a intégrées à son livre. On y découvre notamment que la Callas avait été sollicitée par Wieland Wagner (1917-1966) pour y chanter Ortrud de « Lohengrin ». Natif de Bayreuth, Mösch a l’avantage de savoir mêler informations savantes et connaissance des habitants les plus célèbres de cette ville depuis 1873 environ : les Wagner. Leur roman familial – pour s’exprimer comme Sigmund Freud – et les querelles dynastiques ayant déchiré une tribu à nulle autre comparable sont regardés avec la distance nécessaire par Mösch.
Un exemple : les agitations survenues au milieu des années 2000, alors que Wolfgang Wagner préparait sa succession. Mösch ne tient évidemment pas compte des approximations malencontreuses de la presse française, présentant alors Katharina Wagner (*1978) comme « une jeune femme quasi inexpérimentée ».[6] La correspondante du « Monde » à Berlin ignorait manifestement que, chez les Wagner, on se prépare à exercer la fonction suprême comme dans les familles royales.[7] L’année suivante, la candidature conjointe du Baron Gérard Mortier (1943-2014) et de Nike Wagner (*1945), fille de Wieland, provoqua de nouveau des observations dépourvues de sérieux. Or, les affaires bayreuthiennes ne sauraient être approchées à la légère. Le sujet est immense. Il imbrique des domaines aussi substantiels que l’histoire, la politique, le droit d’auteur et – hélas – l’antisémitisme.[8] Richard Wagner était-il antisémite ? Absolument. Plusieurs de ses descendants l’étaient-ils aussi ? Absolument. Ce thème a récemment réapparu à l’annonce de l’allocution solennelle que devra prochainement prononcer Michel Friedman (*1956) à Bayreuth. [9] Ayant été président du Conseil central des Juifs allemands, le politicien n’a pas la langue dans la poche. Pour lui – il n’a pas tort – « le sol de Bayreuth a été contaminé. […] Depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, rien n’a été nettoyé ici. »[10] . La mise en scène des « Maîtres-Chanteurs de Nuremberg » par Barrie Kosky (*1967), présentée au festival en 2017, ne se déroulait pas en partie par hasard dans la salle d’audiences du Tribunal international de Nuremberg.
Stephan Mösch rappelle ce qui suit : « Plus l’antisémitisme politique se formait » dans l’Empire allemand à partir des années 1880, « plus il gagnait en signification à Bayreuth. »[11] Autrement dit et que cela plaise ou non, ce sujet n’arrête pas d’exister aux portes du Festspielhaus de Bayreuth. Il aura constitué l’une des divergences d’opinion que j’aurai eu avec plusieurs interlocuteurs, dont le vénérable André Tubeuf (1930-2021). Je citerai enfin l’Américain Peter Eisenman (*1932), venu voir « Parsifal » selon Stefan Herheim (*1970) à Bayreuth en 2010 : « Si la production de cet opéra paraissait aussi antisémite que dans beaucoup de mises en scène anciennes, que dirais-je en tant qu’architecte du mémorial de l’Holocauste à Berlin ? »[12] En tout cas, l’agitation suscitée par l’annonce de la prise de parole de Michel Friedman aura été observée avec une attention soutenue par les dirigeants de l’excellente fabrique de pianos Steingraeber, établie à Bayreuth. Ils organisent, en effet, une exposition chaque été. En cette année jubilaire 2026, le Dr. Udo Schmidt-Steingraeber – directeur de l’entreprise – a choisi le thème des festivals s’étant déroulés entre 1940 et 1944.[13] La langue, les illustrations, la mise en page et la manière de rédiger des comptes-rendus étaient employés pour transformer le festival en tribune de messages politiques et de maquiller son profil. Durant les « Kriegsfestspiele », le public était constitué en grande partie de soldats « méritants », de travailleurs de l’armement et de membres des professions de santé.[14]
J’ai connu jadis – à Strasbourg – trois personnages âgés, se vantant sans retenue aucune d’avoir assisté à ces représentations-là, en portant l’uniforme « feldgrau ». L’un d’entre eux osait affirmer – en 1930 – que « la scène des Nornes fait longueur, que les conversations entre Hagen, Gunther et Gutrune manquent d’allant et que ces deux derniers personnages ne sont que médiocrement dessinés. »[15] Les trois compères m’avaient aussi déclaré que les mises en scène de 1940 étaient déjà trop « modernes » ! Qu’auraient-ils dit s’ils avaient vécu assez longtemps pour voir « Parsifal » selon Romeo Castellucci (*1960) présenté à la Monnaie de Bruxelles en 2011 ? Ils se seraient rebellé devant « Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg » dirigés début novembre 2004 par Zubin Mehta (*1936) à l’Opéra de Munich. Le travail scénique de Thomas Langhoff (1938-2012) et de son costumier faisait porter aux membres de l’honorable confrérie des tee-shirts sur le dos desquels figurait en grand l’inscription « Poésie de Nuremberg, association sans but lucratif ». En vérité, les récalcitrants de jadis appartenaient à une humanité qui – en 1935 – avait protesté auprès de Winifred Wagner (1897-1980) sous forme de lettres interminables. L’un de ces soi-disant docteurs de la Loi écrivait en substance : « Nous contestons que des personnalités aux idées modernes puissent porter un jugement complet sur le vrai et profond caractère du festival que Richard Wagner a concrétisé. »[16]
Ces personnalités étaient, par exemple, Otto Klemperer ou Wilhelm Furtwängler ! En d’autres termes, un phénomène d’appropriation était à l’œuvre. Je l’ai analysé dans l’un de mes livres.[17] Si l’on retrouve maintenant l’ouvrage de Stephan Mösch, on se délecte en y lisant que légendaire producteur de disques britannique Walter Legge (1906-1979), en outre époux d’Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006), donnait aussi dans l’appropriation.[18] Il intervint régulièrement, à partir de 1951, auprès de Wieland Wagner, lui donnant nombre de conseils. Legge exerça une influence majeure dans la politique bayreuthienne des distributions d’alors. Il poussa sans cesse la Schwarzkopf, Herbert von Karajan (1908-1989), et Dietrich Fischer-Dieskau (1925-2012) vers le Festspielhaus. Avec succès, évidemment. La famille Wagner, voyant le développement international du disque, ne pouvait pas se permettre d’avoir un conflit avec Walter Legge. Sinon, il se serait vengé d’une manière cruelle. Le Royaume-Uni était alors l’une des quatre puissances occupant l’Allemagne et y contrôlant tout, de la fabrication du dentifrice aux activités culturelles les plus huppées.
Les chanteurs. J’aurai eu – en l’espace d’un demi-siècle pendant ma vie adulte – l’immense privilège d’entendre les meilleurs interprètes wagnériens. Tant à Bayreuth qu’ailleurs, puisqu’il importe d’élargir maintenant le propos. Je me limiterai par défaut – choix cruel – à Waltraud Meier (*1956), à Plácido Domingo (*1941) et à l’Autrichien Andreas Schrager (*1971). L’admirable cantatrice devait nous éblouir comme Isolde en 1995 ou encore en Ortrude trois ans après. Le Siegmund bayreuthien de Plácido Domingo en 2000 était d’une latinité amoureuse éblouissante, son Parsifal parisien de l’année suivante d’une solidité inébranlable.[19] Quant à Andreas Schrager, il combine la stabilité vocale, la flexibilité et un sens manifeste de la présence théâtrale, se manifestant par ses particularités sportives. Par bonheur, ils sont toujours en vie tous les trois. En effet, l’avancée de l’existence ressemble à une tapisserie dont les points se défont avec le temps, la mémoire d’heures exceptionnelles se combinant avec un espèce de travail de deuil. Les maîtres d’œuvre du premier « Ring » bayreuthien du troisième millénaire – Jürgen Flimm (1941-2023) et Giuseppe Sinopoli (1946-2001) – ne sont plus de ce monde.
Mais nous aurons toujours à l’oreille les enchantements produits par plusieurs grandes figures à l’œuvre dans la fosse singulière du Festspielhaus. J’écris délibérément leurs noms par ordre alphabétique : Il y eut Daniel Barenboïm et son quintette du baptême au troisième acte des « Maîtres-Chanteurs de Nuremberg », la perfection sur terre. Il y eut Pierre Boulez (1925-2016), l’analyste suprême faisant face à une révolte des membres de l’orchestre en 1976. Puis Carlos Kleiber (1930-2004), le maître insaisissable dont les apparitions au pupitre de « Tristan et Isolde » en 1974 nous emmenèrent au septième ciel. Le caractère difficile de Kleiber donna des soucis à Wolfgang Wagner. Comme Kleiber disait avoir besoin de repos, il le fit transporter en ambulance autant que nécessaire entre Bayreuth et Munich où il conduisait cette année-là des représentations du « Chevalier à la rose » également gravées en lettres de diamant dans les annales planétaires. Quant aux vivants, je révère Kirill Petrenko (*1972). J’admire toujours Marek Janowski (*1939). Mais je suis effaré devant les reproches petit-bourgeois qu’il aura faits à Frank Castorf (*1951) au cours des répétitions en vue de la reprise de la Tétralogie à Bayreuth en 2016 et 2017. Ils ne sont pas dignes d’un musicien de son niveau.[20]
De tout évidence, l’univers extra-musical de Janowski est étroit. A-t-il vu la partition de « Liebestod » de Georges Aperghis (*1945), présenté ici et là en France début 1982 ? A-t-il eu vent de „Ring um den Ring“, magnifique spectacle de Maurice Béjart (1927-2007) voué au cycle tétralogique dont les autres chefs de projet auront été le regretté danseur Michaël Denard (1944-2023) et la pianiste Elizabeth Cooper (*1948) ? Quant à l’humour, on ne le décèle pas chez Janowski. Or, l’humour est l’une des caractéristiques de nombre d’habitants de Bayreuth. Il s’est notamment manifesté – durant le festival 2006 – par la diffusion d’une carte postale promotionnelle humoristique. On y voyait « Siegfried le tueur de dragons » en train de se battre avec Richard Wagner. Le maire de Bayreuth alors en fonctions, le Dr. Michael Hohl (*1959), était ce Siegfried. Par chance pour lui, le Dr. Hohl n’a jamais présidé de conseils municipaux durant lesquels les élus se sont livrés à des activités pugilistiques. Tel était le cas dans le Bayreuth du début des années 1930. La disparition du royaume de Bavière, la fragilité de la République de Weimar et les menées violentes des nazis alors en pleine agitation se compressèrent pour provoquer une bagarre sérieuse en pleine assemblée délibérative.[21] Cet affrontement fut suscité par des considérations d’ordre budgétaire. En 2026, le Festival de Bayreuth a un budget de 30 millions d’euros. Ses recettes propres représentent 55% de cette somme. On notera, à titre de comparaison relative, que le Festival d’Aix-en-Provence dispose de 28 millions d’euros par an.
Mais comme on le sait, l’institution des Bouches-du-Rhône est tributaire des aléas de l’économie française. Tandis que Bayreuth est totalement sanctuarisé en tant qu’allégorie de la diplomatie d’influence allemande, la culture échappe de plus en plus à la Weltanschauung des gouvernants français. Pour preuves les dangereuses agressions financières en cours contre vingt-huit établissements musicaux et théâtraux de notre pays. Dans son bureau bayreuthien, Katharina Wagner a peut-être quelques instants à consacrer à une réflexion sur ce sujet. Quoi qu’il en soit, elle dirige une sorte de Walhalla. L’arrière-petite-fille de Richard Wagner ne règne pas sur un château de sable. Elle est une véritable lionne, ne dédaignant pas les plaisirs. Ainsi, l’arrière-scène du Festspielhaus recevra – le 2 août prochain – mille personnes pour une soirée de danse durant laquelle le DJ Alle Farben mixera des titres de « night clubbing » avec des thèmes sonores signés Richard Wagner …
Dr. Philippe Olivier
[1] J’énoncerai quelques anecdotes et informations utiles, consacrées à ce sujet comme à d’autres, durant la prochain saga wagnérienne de France Musique. Produite par Saskia de Ville, cette série sera diffusée à l’automne 2026.
[2] En matière d’excellence, mon oncle parlait parfois du ténor Alfred von Bary (1873-1926), l’un des meilleurs spécialistes du chant héroïque à Bayreuth entre 1904 et 1914. Protégé par Guillaume II et par Cosima Wagner, l’artiste était né à Malte et se trouvait par ailleurs titulaire d’un doctorat en médecine. Il se spécialisa ensuite en neurologie.
[3] Robert Löhr : « Oberammergau », Piper, Munich, 2026, p. 223.
[4] Stephan Mösch : Bayreuth als Theater – Auf dem Weg zu einer Festspielgeschichte, Bärenreiter/Metzler, Kassel, 2026, 676 pages.
[5] On lira avec profit les dossiers élaborés par l’équipe universitaire de Yannick Simon. L’un d’entre eux est « Le Ring à Bordeaux (1948) ». Il est loisible de les découvrir sur www.dezede.org/dossiers/id/782/.
[6] Lorraine Rossignol : « Rivalités familiales à Bayreuth », in « Le Monde », 26 juillet 2007.
[7] Les déclarations de Katharina Wagner au grand quotidien « Frankfurter Allgemeine Zeitung » du 21 juillet 2026 sont – au contraire – celles d’une femme d’affaires redoutable. Voici maintenant onze ans qu’elle dirige seule le Festival de Bayreuth.
[8] Avocat originaire de Bayreuth, Sebastian Wündisch a publié en 2004 « Richard Wagner und das Urheberrecht » [Richard Wagner et le droit d’auteur] au Berliner Wissenschafts-Verlag.
[9] Cette manifestation, entrecoupée de musique, aura lieu le 26 juillet. Le chef d’orchestre Christian Thielemann (*1959) y participera.
[10] Les propos de Friedman sont cités au long d’un article paru dans « Le Monde » du 26 juin 2026. Il est signé Elsa Conesa, la correspondante du quotidien à Berlin.
[11] Stephan Mösch : Bayreuth als Theater, p. 104.
[12] Peter Eisenman : Wagner wird endlich erlöst, in Die Zeit, 19 août 2010.
[13] L’exposition sera présentée entre le 25 juillet et le 4 octobre 2026 au Palais Steingraeber de Bayreuth. Voir www.steingraeber.de.
[14] Mot composé allemand pour « festivals de guerre ».
[15] Cet homme nommé Georges Boeswillwald publia cette étrange appréciation du « Crépuscule des Dieux » dans la revue « La Vie en Alsace » de janvier 1930. L’Opéra de Strasbourg avait récemment donné deux cycles de la Tétralogie.
[16] Lettre d’Adolf Zinsstag, un habitant de Bâle, à Winifred Wagner, 13 février 1935. Collection Philippe Olivier. Le 13 février (1883) ayant été le jour de la mort de Richard Wagner, la date de rédaction de ce courrier est significative. Il fut adressé en annexe à une lettre amphigourique à … Adolf Hitler.
[17] Philippe Olivier : „Der Ring des Nibelungen in Bayreuth von den Anfängen bis heute“, préface de Wolfgang Wagner, Mayence, 2007.
[18] Stephan Mösch : Bayreuth als Theater, p. 261 et suivantes.
[19] L’une des représentations de « La Walkyrie » à Bayreuth durant l’été 2000 fut marquée par le renoncement in extremis de l’interprète de Sieglinde. Elle se vit remplacée au pied levé par Cheryl Studer (*1955). Wolfgang Wagner l’envoya quérir dans l’île espagnole où elle se tenait alors. Le festival fut contraint de louer un jet privé pour transporter la soprano américaine. Il se posa sur un terrain militaire proche de Bayreuth quatre heures avant le début du spectacle.
[20] Un témoignage de ces difficultés relationnelles est apporté par l’ouvrage suivant : Guy Cherqui et David Verdier : « Castorf – Wagner – Der Ring des Nibelungen – Bayreuth 2013 – 2017 », Éditions La Pommeraie, Lachaud, 2019.
[21] Ernst Jaeger (direction) : „Richard Wagner und die Politik“, Klotz Verlag, Überlingen, 2021, p. 47.
