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La Folle journée de Nantes

La Folle journée de Nantes

mercredi 1 février 2023
©Romain Charrier-La Folle Journee

Les belles nuits des « Folles journées ».

Il existe à Nantes une tour surmontée d’un dôme Art Nouveau. On l’appelle le « Lieu Unique ». C’est le vestige de la célèbre biscuiterie LU (les initiales de leurs initiateurs : Lefèvre et Utile).

A côté de ce Lieu Unique a été créée la Cité des Congrès. Le jour où nous sommes arrivés, un flot ininterrompu de gens avançait, sous un ciel gris, dans la direction de cette Cité. Un flot ? Un fleuve plutôt ! Était-ce une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites ? Non, une fantastique ruée vers ce rendez-vous musical annuel unique en France : la « Folle journée de Nantes » !  Vingt-neuf ans d’existence.
La manifestation est due à un génie de l’organisation des festivals musicaux classiques qui s’appelle René Martin. Tout ce qu’il organise en la matière en France ou à l’étranger (Japon, Pologne, Russie) prospère à la vitesse V alors que tant d’autres festivals sont en difficulté. 
La « Folle journée », qui était au singulier à l’origine, se décline maintenant au pluriel. Elle se déroule sur cinq jours. Vous n’allez pas en croire vos yeux : il y aura eu cette année…267 concerts, 120.000 spectateurs et plus de deux mille artistes participants ! 

Vous pénétrez dans le hall de la Cité des Congrès. Au milieu de la foule, la musique est déjà présente sur un podium. Des gens sont assis tout autour, d’autres penchés aux balcons, agglutinés sur les escaliers. Le lieu déborde de monde du sol au plafond. Le célèbre groupe anglais « Voice 8 » chante la  Berceuse de Brahms. Le public reprend en chœur. Le ton est donné.
Pourquoi une berceuse ? Parce que le thème de cette année était la « Nuit ». Thème infini ! La nuit amoureuse, la nuit fantastique, la nuit câline, la nuit tragique. La nuit que l’on trouve dans l’opéra, la mélodie, la musique de chambre ou la musique symphonique, avec ses Nocturnes, ses sérénades, ses clairs de lune, ses Nuits sur le mont chauve ou Nuits dans les jardins d’Espagne
Les Nuits d’été de Berlioz étaient, bien sûr, au programme, avec cette insurpassable interprète de la mélodie française qu’est Véronique Gens, accompagnée par l’Orchestre des Pays de Loire. 
Plus de deux cent soixante concerts ! On papillonne. On va de nuit en nuit. On applaudit des musiciens que l’on connaît, comme la pianiste Anne Queffélec (oh la belle Sonate au clair de lune !). On en découvre de nouveaux comme cet ensemble Janowska dont les deux violonistes poussent aux extrêmes les limites de la virtuosité et dépassent le mur du son. On se laisse séduire par la jeune génération comme Astrig Siranossian qui fait monter en enchanteresse la voix nocturne de son violoncelle. On est pris par un tourbillon, par une frénésie de musique.
Qu’on est loin des frayeurs de l’actualité internationale ! La musique souveraine, conquérante, universelle, fédératrice, populaire.

Les belles nuits des « Folles journées » donnent confiance en l’avenir de la grande musique. 

André PEYREGNE 

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