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Gipsy à l’Odéon de Marseille

Gipsy à l’Odéon de Marseille

dimanche 22 mai 2022
Laurence Janot et Juan Carlos Etcheverry / photo Christian Dresse 

Clap de fin à l’Odéon où la très belle et éclectique saison d’opérettes finissait en beauté avec Gipsy.
Alors que l’on aurait du fêter le cinquantième anniversaire de sa création l’année dernière, ce n’était que partie remise et voilà donc, enfin au répertoire de l’Odéon, cette création qui illumine la fin de saison. 
On se rappelle que, pour son compositeur Francis Lopez, c’était l’occasion de concrétiser une rencontre marquante avec José Todaro qui menait principalement une carrière de chanteur d’opéra et également lui permettre d’obtenir avec Gipsy un succès exceptionnel sauvant avec plus de 600 représentations la situation financière catastrophique du Châtelet.
Il n’existe actuellement disponibles au disque ou en vidéo que ces représentations enregistrées au Châtelet.

On l’a dit souvent dans nos colonnes le public de l’Odéon est un public averti, qui connaît tout son répertoire même si ce dernier ne figure pas à celui du théâtre.
Au vu de l’accueil enthousiaste du public marseillais gageons qu’il y aura, sans doute, des reprises les prochaines années d’autant que la mise en scène, forcément une « création » de Carole Clin est comme à l’accoutumée pour cette professionnelle du genre, élégante, respectueuse du contexte historique et sans temps morts. 

Les décors sont simples mais efficaces compte-tenu des contraintes scéniques de l’Odéon et les costumes chatoyants et colorés comme les accessoires retracent au mieux cet épisode de l’histoire où l’archiduc Rodolphe est en rébellion contre le pouvoir de son propre père. C’est ainsi qu’il n’hésite pas à prendre parti pour les tziganes et leur chef Vano s’opposant ainsi frontalement à la politique de l’empereur François-Joseph. Mais tout finira, bien entendu, en « happy-end » pour tous nos protagonistes.
 
Le couple vedette du camp tzigane, Laurence Janot et Juan Carlos Etcheverry, brillent par leur aisance ainsi que par leur adéquation physique et vocale avec leurs personnages respectifs. Frédéric Cornille campe un romantique et touchant Rodolphe plus vrai que nature tandis que Perrine Madoeuf met au service de la courtisane Liane de Pougy son charme, son abattage et son timbre exceptionnel qui en font une interprète de premier plan non seulement pour ce style d’ouvrage mais également pour le répertoire d’opéra dans lequel elle mène une carrière significative depuis quelques années. 
Le duo des fantaisistes Vincent Alary et Flavie Maintier sont drôles à souhait et déchaînent les rires et l’enthousiasme du public par leurs réparties et danses acrobatiques exubérantes tout comme Fabrice Todaro inénarrable en Conrad plus jardinier-poète que commissaire de police…
Le reste de la distribution est, comme toujours sur cette scène, de très bon niveau et saluons les mérites respectifs du Brenner de Dominique Desmons, du Venceslas d’Émilien Marion, de la belle allure en Johann Strauss de Philippe Beranger comme de l’élégant Prince de Galles de Jean-Luc Epitalon ou de l’excellent Wallensdorf de Michel Delfaud.
Le chœur Phocéen et l’orchestre de l’Odéon se distinguent particulièrement sous la baguette entraînante et experte de Bruno Conti.
Une mention particulière pour Felipe Calvarro et ses danseurs qui, au son des castagnettes, nous délivrent un flamenco haut en couleurs. 
C’est avec regret et après de nombreux rappels que le public émerveillé quitte cette ambiance de conte de fées.

Merci Maurice Xiberras de nous permettre de rêver tout au long de l’année !…

Catherine Pellegrin
Le 22 mai 2022

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