Monaco : Foster à la barre.

Monaco : Foster à la barre.

dimanche 18 octobre 2026

©Emma_Dantec-OPMC communication

Dans quelques jours, le 23 octobre, Lawrence Foster aura quatre-vingt-cinq ans. Quatre-vingt-cinq ans ! Il est des chiffres qui évoquent la retraite, le repos mérité, le confort d’un fauteuil profond, des envies de jardinage. Mais il est aussi de vieux capitaines qui sont toujours sur le pont, à tenir la barre. Lawrence Foster est de ceux-là.

Né à Los Angeles en 1941, il prenait il y a quarante-six ans la direction de l’orchestre de l’Opéra de Monte-Carlo. Sous son impulsion, cet orchestre allait devenir le Philharmonique de Monte-Carlo. Il resta dix ans à sa tête, s’ouvrant grand vers l’Amérique, faisant venir de nombreux solistes d’outre-Atlantique.

Dimanche dernier, il était de retour, cette fois-ci en « chef invité ». Il n’avait rien perdu de son efficacité. Il avait l’œil à tout, la main ferme, le bras tendu vers des chemins glorieux. Et toujours cette souplesse grâce à laquelle il a permis aux solistes, tout au long de sa carrière, de se sentir à l’aise sous sa baguette.

Son programme avait de quoi satisfaire les appétits les plus divers : l’ouverture de Léonore et le Quatrième Concerto de Beethoven, la Sérénade et les Variations de Britten.

Dans le concerto, Lawrence Foster accompagnait Dezső Ránki, pianiste au style taillé dans le marbre beethovénien. De la première note à la dernière, rien ne déviait d’une ligne parfaite, d’une noblesse sans apprêt, d’une belle intelligence de jeu.

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©Emma Dantec-OPMC communication

Puis vint la Sérénade de Britten. Dans cette œuvre, un ténor chante six poèmes sur le thème de la nuit, tandis que le cor lui répond de sa voix cuivrée, venue des profondeurs nocturnes. Il y a dans cette partition quelque chose de mystérieux, de presque cérémoniel. Hugo Brady, jeune ténor d’élite, y apporta une voix fraîche, musicale, d’une belle pureté. À ses côtés, Patrick Peignier, corniste soliste de l’orchestre, apporta l’excellence de ses répliques.

Restaient Variations sur un thème de Purcell du même Benjamin Britten. Là, le compositeur présente isolément ou par groupes tous les instruments de l’orchestre. Les bois, les cuivres, les cordes, les percussions défilent à tour de rôle. Du piccolo aux castagnettes, du fouet à la contrebasse, de la harpe au tuba, chacun prend la parole avec son caractère propre.

Quel plaisir de retrouver tous les solistes du magnifique orchestre monégasque ! Ils se sont tous présentés comme à la revue. Et, on peut vous le dire, ce fut une revue d’excellence.

André PEYREGNE

18 octobre 2026

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