Vivaldi: Concerti per vari strumenti, volume II  RV 535, 543, 553, 555, 557, 570 / Les Musiciens du Prince, direction Gianluca Capuano. 1 CD Naïve Vivaldi Edition volume 75

Vivaldi: Concerti per vari strumenti, volume II  RV 535, 543, 553, 555, 557, 570 / Les Musiciens du Prince, direction Gianluca Capuano. 1 CD Naïve Vivaldi Edition volume 75

lundi 22 juin 2026

© Denis Rouvre

Immense entreprise initiée par les éditions discographiques « Naïve » d’enregistrer l’intégralité de l’œuvre de Vivaldi, opéras et musique religieuse compris. Cette vaste ambition a débuté voici maintenant de nombreuses années, et malgré la crise discographique actuelle, continue régulièrement à faire paraître de nouveaux enregistrements qui complètent peu à peu le corpus vivaldien. 

C’est le 75e enregistrement de la collection et le second volume dédié aux concertos pour divers instruments par le Prêtre Roux.

Pour quiconque s’intéresse à l’actualité musicale sur Monte-Carlo, les « Musiciens du Prince » ne sont plus aujourd’hui des inconnus, ayant fondé leur réputation sur la plus haute exigence musicale. 

Capuano© Gianandrea Uggeti
©Gianandrea Uggeti

Fondé en 2016 sur l’ initiative de Cecilia Bartoli et en collaboration avec Jean-Louis Grinda, alors directeur de l’Opéra de Monte Carlo, cet ensemble instrumental dirigé par Gianluca Capuano est à priori plutôt tourné vers la musique baroque, puisqu’existe déjà le prestigieux Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo pour le grand répertoire symphonique et lyrique.

Toutefois, depuis quelque temps, nous avons pu observer que cet orchestre baroque s’est enrichi d’une volonté d’aller plus loin dans le répertoire, en abordant notamment le XIXe siècle, avec des ouvrages de Rossini (Salzbourg, Festival de Pâques 2026 avec Le Voyage à Reims), et l’approche nouvelle d’un géant de la musique : Wagner, avec depuis deux ans, la construction du cycle complet de la Tétralogie, qui verra le troisième volet en 2027 avec Siegfried, toujours à l’Opéra de Monte-Carlo.

© Marco Borrelli
©-Marco-Borrelli

Ainsi en une dizaine d’années, cet ensemble instrumental a su s’imposer non seulement sur la scène monégasque, mais dans l’Europe entière avec de nombreuses tournées.

Avec la parution de ce nouveau disque, c’est un peu un retour aux sources en quelque sorte, puisque Vivaldi est à l’honneur.

Sauf erreur de notre part, c’est le troisième album des Musiciens du Prince, après deux récitals lyriques parus chez DECCA, l’un avec le ténor Javier Camarena, l’autre avec la soprano Varduhi Abrahamyan .

Aujourd’hui c’est donc l’ensemble instrumental qui est sous les feux de la rampe.

Influencé par sa confrontation avec la pratique orchestrale de la Chapelle de la Cour de Dresde, Antonio Vivaldi s’intéresse à la richesse des timbres instrumentaux et à leurs possibilités. Il sera aidé en cela par les pensionnaires de l’Ospedale della Pietà, qui pratiquaient plusieurs instruments chacune, où le Prêtre Roux exerça de 1703 à 1740. 

Choix intelligent que de débuter ce programme par le fameux concerto La Tempesta di Mare ici dans sa version avec flûte solo, répertorié sous le numéro RV 570. 

On est immédiatement happé par la fougue et cette claire musicalité qui ne nous quittera plus tout au long des six concerti présents sur cet enregistrement.

On saisit d’emblée une franchise de jeu, de texture des timbres, une belle clarté dans les nuances, et de remarquables couleurs instrumentales. 

Aidés en cela par une somptueuse prise de son, les différents timbres instrumentaux (et la richesse des concertos choisis en profite énormément), ainsi basson, hautbois ou flûte à bec rivalisent avec le soyeux des cordes solistes – violons, alto ou violoncelle – et sont parfaitement définis.

Remarquable aussi bien sûr, la très belle musicalité de l’ensemble orchestral (à ce titre, quelle délicatesse dans la cadence finale du « menuet » qui termine le Concerto RV 543 – plage 10 ) – concerto par ailleurs original de par sa construction en quatre mouvements qui rappelle la structure de la Sonata da Chiesa – puisque la forme « habituelle » d’un concerto est de trois mouvements.

Très belle élégance pour un poignant discours instrumental dans le « largo » du Concerto RV 553 pour quatre violons, alto et basse continue, qui, après l’agréable babil du premier mouvement, vient offrir un beau moment de mélancolie, avant un final où la grandeur le dispute à la virtuosité.

Avec les accords incisifs qui ouvrent le Concerto suivant, en Ré mineur (RV 535 composé de quatre mouvements également), l’ensemble apporte des accents plus sombres et bienvenus. 

Tel un duo amoureux et fusionnel dans le « Largo » , quelle beauté de son pour ces deux hautbois où se mêlent si bien les deux timbres.

Le sixième Concerto RV 555 qui emploie tous les solistes des concerti précédents, conclut de belle manière festive cet enregistrement incontournable.

Ce disque, on y reviendra souvent, pour un moment de pure et lumineuse réjouissance musicale.

Marc Jénoc

Les Musiciens du Prince, direction Gianluca Capuano.

1 CD Naïve « Vivaldi Edition » volume 75

Les œuvres :

page7 page 0001 imageonline.co merged

Les interprètes

interpretes

Imprimer
Cookies
Nous utilisons des cookies. Vous pouvez configurer ou refuser les cookies dans votre navigateur. Vous pouvez aussi accepter tous les cookies en cliquant sur le bouton « Accepter tous les cookies ». Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre Politique de confidentialité et des cookies.