Concert Symphonia 13 à Salon de Provence : Orchestre Giocoso/Da-Min Kim/Yumé Renaud-Arima

Concert Symphonia 13 à Salon de Provence : Orchestre Giocoso/Da-Min Kim/Yumé Renaud-Arima

vendredi 22 mai 2026

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Très bon concert vendredi 22 mai dans le si joli Théâtre Armand de Salon de Provence.

Concert aux proportions « idéales » en ce lieu proche d’une bonbonnière.

Le programme est éclectique certes, mais très généreux aussi en timing (plus de deux heures de musique ), avec Vivaldi, Beethoven et Gounod.

Pour débuter cette soirée musicale, l’ensemble orchestral Giocoso (composé de musiciens professionnels des Bouches-du-Rhône) a l’heureuse idée de proposer les très populaires Quatre Saisons de Vivaldi, d’abord.

Intelligemment programmée, la soirée débute ainsi par l’ensemble à cordes, sans chef d’orchestre, car – comme c’était d’usage du temps de Vivaldi – c’est au soliste que revient le rôle de diriger les instrumentistes.

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Dans les Quatre Saisons, le violoniste Sud-Coréen, super-soliste de l’Orchestre Philharmonique de l’Opéra de Marseille, Da-Min Kim, interprète avec brio et virtuosité les quatre célèbres concertos italiens avec de très belles nuances, suivis de crescendi fulgurants ; l’archet si chantant tour à tour, ou virtuose de Da-Min Kim, comme la fougue des prestos avec un orchestre très plastique par sa réactivité et très à l’écoute du soliste, font merveille.

Dans un second temps, ce sont les vents qui sont à l’honneur avec la plutôt rare Petite Suite (appelée aussi parfois Petite Symphonie) de Charles Gounod. Intitulée « Nonette » ( puisqu’elle fait appel uniquement à neuf instrumentistes à vent ), c’est une œuvre pleine de fraîcheur et d’élégance. La partition fut composée en 1885, et créée la même année à la Salle Pleyel. C’est, pour le compositeur français, la fin de sa carrière.
Gounod a mis beaucoup de lui ici : on pense plus d’une fois d’ailleurs, à son opéra Mireille, par la fraîcheur de ses mélodies enjouées, comme par la rythmique un rien sauvage qui fait rappel du fantastique de la « Scène de la Grotte des Fées » dans le même opéra.
Les neuf instrumentistes à vent de l’Ensemble Giocoso (flûte, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux hautbois), interprètent brillamment cette œuvre.

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C’est beau de voir cet ensemble d’excellents musiciens, offrir un tapis rouge à la prestation pleine de fraîcheur et de brillance de la toute jeune pianiste Yumé Renaud-Arima (seulement 13 ans au compteur !).
L’ensemble instrumental cette fois-ci au complet, avec son jeune chef Nicolas Piel à leur tête, se préparent à accompagner la jeune pianiste prodige.
Excellent chef d’orchestre à la belle gestique, il est aux petits soins pour sa si jeune soliste, l’engageant avec sourire et bienveillance dans ses soli instrumentaux.
Cette interprétation du Second Concerto pour piano et orchestre de L.V. Beethoven est remarquable par son style et sa belle musicalité. 

Dans cette œuvre (1795) encore toute empreinte de l’esprit des concertos pour piano de Mozart, Beethoven demande précision et clarté du discours musical.
Songeons que ce n’est « que » l’opus 19 du compositeur allemand, et que même sa Symphonie N°1 n’a pas encore été écrite ! (1800 – opus 21).
« La valeur n’attend pas le nombre des années » dit le célèbre adage.
Et bien, cela s’est vérifié encore ce soir ! Yumé Renaud-Arima possède un jeu perlé (si important dans ce concerto encore mozartien), et une main gauche puissante et sûre lorsque c’est requis ; très musicienne, elle sait amener parfaitement les différents thèmes ( à ce titre, quelle sensibilité de jeu avec ce léger rubato, pour amener le deuxième thème du premier mouvement).
Dans le second mouvement – annonciateur lui, de ce que sera Beethoven plus tard – Yumé déploie un trésor de délicatesse et de sensibilité, admirablement accompagnée par une ensemble instrumental tout à son écoute. La toute jeune pianiste d’ailleurs, offre également une véritable concentration, et un réel dialogue avec l’orchestre.
Le troisième mouvement quant à lui, est plein d’une lumineuse et d’une enthousiaste spontanéité, où Yumé interprète avec sourire et évite avec virtuosité les chausse-trappes dont Beethoven à émaillé sa partition .

Le public ne s’y est pas trompé lui réservant un triomphe mérité.

En remerciement, timide encore de devoir affronter une salle pleine, Yumé offre quatre bis généreux : le superbe pas de deux du Casse-Noisette de Tchaikovsky, dans une transcription extrêmement virtuose pour le piano, où le romantisme échevelé et si lyrique transcende la toute jeune pianiste, puis deux pièces de Dutilleux, très opposées de style, la première, mélancolique et aux sonorités pianistiques mystérieuses, et la seconde, sorte de scherzo endiablé, très bref mais très spectaculaire, avant de saluer une dernière fois le public, comme sur la pointe des pieds, avec grâce et élégance, avec la célèbre « Scène d’enfants « (opus 15 , ici le N°1 ),de Schumann.
Yume possède déjà tout d’une grande pianiste musicienne et avec tellement de délicatesse, d’élégance et de gentillesse !

Un très beau moment de fraîcheur et de lumière, et une si belle soirée musicale dans ce si joli théâtre.

Marc Jenoc
22 mai 2026

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