Cannes : les 24 Études de Frédéric Chopin, opus 10 et opus 25 par Katherine Nikitine

Cannes : les 24 Études de Frédéric Chopin, opus 10 et opus 25 par Katherine Nikitine

©Ludovic Servant

Nous montons les marches de l’Église Notre-Dame du Bon Voyage dans la lumière dorée de la fin d’après-midi, au cœur même de l’effervescence du Festival de Cannes. En ce 17 mai 2026, à l’invitation des « Amis de l’Orgue de Cannes », nous assistons au récital de Katherine Nikitine. 

Au programme : les 24 Études de Frédéric Chopin, opus 10 et opus 25 sommet de l’écriture pianistique, rarement donné dans son intégralité.

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©DR

Dès les premières mesures, quelque chose s’impose avec évidence. Katherine Nikitine joue ces pages avec une intensité sans emphase, une virtuosité qui semble naître du souffle même de la musique. Nous pensions connaître ces œuvres tant jouées, tant enregistrées ; elles nous reviennent ici plus humaines, parfois presque fragiles, puis soudain traversées d’éclairs.

Certaines études grondent comme un orage contenu au bord des doigts. D’autres suspendent le temps autour d’une simple ligne mélodique. Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à faire entendre au-delà de la prouesse technique : la solitude, l’élan, l’inquiétude parfois, que Chopin a déposés dans chaque page.

Le parcours de Katherine Nikitine éclaire sans doute cette liberté de ton. Des grandes scènes classiques internationales aux tournées monumentales avec Rammstein, elle a appris à ne jamais enfermer la musique dans un seul domaine. Cette ouverture irrigue son jeu : rigoureux mais vivant, exigeant sans froideur, toujours tendu vers le partage.

Peu à peu, l’église devient elle-même une caisse de résonance émotionnelle. Les dernières notes montent sous les voûtes avant de retomber dans un silence dense, immédiatement brisé par une longue standing ovation d’un public conquis.

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À la sortie, autour de la vente en avant-première du nouvel album et des dédicaces, les voix restent basses. Comme si le concert continuait encore un peu dans les regards et dans les mains, dans cette sensation rare d’avoir approché quelque chose de précieux sans pouvoir tout à fait le nommer.

C’est peut-être cela que nous garderons de cette soirée : non seulement l’exploit pianistique mais la sensation d’avoir entendu Chopin redevenir incandescent, vivant, presque contemporain.

Pascal Terrien
17 mai 2026.

Prochaines dates
• 24 mai – Studio Paulello, Villethierry (Bourgogne)
• 9 août – Bouquet (Gard)
• 12 septembre – Victoria Hall
• 18 septembre à 18h – Opéra de Nice, organisé par le CRWRD
• 11 décembre – Nancy
• Été 2027 – Festival Sand-Chopin, La Seyne-sur-Mer

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