Vient de paraitre : La Juive de F. Halévy DVD / Blu-Ray

Vient de paraitre : La Juive de F. Halévy DVD / Blu-Ray

lundi 20 avril 2026

©Naxos

Les représentations, tout comme les enregistrements du chef d’œuvre de Ludovic Halévy : La Juive ne sont pas légion, il est donc important d’en parler lorsque parait un nouvel élément pour cet ouvrage.

Cet opéra composé par Halévy pour l’Opéra de Paris et créé en 1835, sur un des meilleurs livret – d’ailleurs extraordinairement prémonitoire d’Eugène Scribe – tout comme son Prophète, est un pur chef d’œuvre.

Cette semaine, Naxos fait paraître un nouveau Blu-ray / dvd enregistré à l’Opéra de Francfort en 2024.

Disons-le tout de suite, la mise en scène ne fera pas plus l’unanimité sur support vidéo que lors des représentations.

Madame Tatjana Gürbaca a des idées, et même d’excellentes idées parfois, mais son spectacle se révèle plutôt hétéroclite voire foutrac.

670924535 10232440662894278 7066625295185656530 n

Elle avait mis en scène un Werther étonnant à l’Opéra de Zürich voici quelques années, dont le lieu partait dans l’infini du cosmos; elle aime les décors spectaculaires, c’est certain ; après la maison-tiroirs en bois blond de Charlotte et Werther partant dans les étoiles, voici une structure de hautes fenêtres s’ouvrant sur de noires béances en perspective fuyante; aucune époque définie, mais effet saisissant.

672673963 10232440666334364 3150337743038643198 n

La direction d’acteurs – tout comme pour son Werther – est tirée au cordeau, sensible, voire émouvante, mais cela est gâché en partie par des costumes (Silke Willrett) pour le moins surprenants, décalés (parfois avec bonheur), ou inutilement dérangeants voir ratés, comme cette tenue de prostituée d’une grande vulgarité, imposée inexplicablement dans toute la seconde partie de l’opéra, à Rachel – comme si elle n’avait pas assez d’ennuis comme ça, cette pauvre Juive ! –

Bon, on avait pu remarquer effectivement lors de son Werther zurichois, que Gürbaca avait une sorte de prédilection pour les costumes féminins d’une rare laideur, et cela se confirme ici.

672686018 10232440666414366 2753326230100401706 n

Les hommes sont beaucoup mieux traités, c’est toujours ça, comme le fait d’habiller Eléazar (une fois condamné par l’église) en Pape des Fous ; c’ est très réussi.

La direction musicale est confiée à un inconnu pour moi, même s’il a déjà dirigé à l’Opéra de Paris : Henrik Nànàsi, de nationalité hongroise, ancien assistant de Pappano.

Il dirige avec précisions et musicalité, mais tout cela manque un peu de lyrisme et de passion.

Un peu dans l’esprit de la mise en scène: tout cela est un peu froid comme interprétation, et je lui en veux cruellement d’avoir supprimé toute la partie médiane de la « Marche Funèbre », page d’une grande beauté…

09c0a09b 089a 4b16 8a12 1c75370b87a6 page 0001 1
©Naxos

C’est dommage pour la distribution vocale globalement exemplaire, à commencer par John Osborn qui affronte ici pour la première fois le rôle très éprouvant vocalement du Juif Eléazar.

Évidemment vu son grand talent, et heureusement, il rétablit la cabalette « Dieu m’éclaire fille chère » qui suit l’ air magnifique « Rachel quand du Seigneur la Grâce tutélaire », malheureusement omise par plusieurs générations de ténors incapables d’affronter cette page ; Neil Shicoff fut le premier à oser la supprimer, Alagna lui emboîtant le pas, ce qui m’a toujours scandalisé, à contrario d’un Tony Poncet ou d’un Carreras qui eux, affrontaient l’ensemble de cette scène très difficile vocalement avec vaillance et panache !

Osborn, avec des moyens tout autres, réussit magnifiquement tout cela, avec finesse, sensibilité, musicalité (ah ces pianissimi ! ), mais aussi vaillance.

Sa Rachel, c’est Ambur Braid, très belle mezzo aux aigus péremptoires (donc une vraie « Falcon » comme le veut le rôle composé pour Cornélie Falcon par Halévy).

La soprano colorature Monika Buczkowska chante magnifiquement la Princesse Eudoxie.

La belle basse coréenne Simon Lim offre un très beau portrait autant sur le plan vocal que dramatique – le personnage le plus émouvant c’est certain dans cette production – du Cardinal Brogni, alors que l’autre ténor de la partition, le Prince Léopold, incarné par Gerard Schneider fait face crânement à l’écriture absolument meurtrière qu’Halevy lui a réservée.

Quant au rôle de Ruggiero, il est confié au beau baryton de Sébastien Geyer ; beau dans tous les sens du mot d’ailleurs : ce n’est certainement pas un hasard si c’est à lui que Gürbaca à offert les costumes les plus seyants, et une scène finale quasiment torse nu mettant en valeur son physique avantageux !

D’ailleurs, lors des saluts finals, on entend une partie du public s’exclamer et lui envoyer des fleurs sur la scène, alors que c’est loin d’être un personnage important !

Tous font de réels efforts sur la prononciation française.

En résumé: une nouvelle interprétation de ce chef d’œuvre, ça ne se boude pas, même avec ces restrictions sur le plan scénique !

Marc Jénoc

Enregistré à l’Opera de  Francfort, 11 et 14 Juillet 2024

Direction : Henrik Nánási

Mise en scène : Tatjana Gürbaca
Eclairages : Klaus Grünberg
Costumes : Silke Willrett

Rachel – Ambur Braid
Éléazar – John Osborn
Léopold – Gerard Schneider
Eudoxie – Monika Buczkowska
Cardinal Brogni – Simon Lim
Ruggiero – Sebastian Geyer
Albert – Danylo Matviienko

Frankfurt Opera Chorus
Extrachor der Oper Frankfurt
(
chef des choeursTilman Michael)
Frankfurt Opera and Museum Orchestra

NTSC 16:9 / Dolby Digital Stereo 2.0 / Dolby Digital Surround 5.1
Code Région:
0
en 
Français
sous-titres :
Français, Anglais, Allemand  Japonais, Coréen
Durée:
3 hrs 19 mins
1 DVDs:
1 (DVD 9) / Blu-ray (NBD0190V)

Imprimer
Cookies
Nous utilisons des cookies. Vous pouvez configurer ou refuser les cookies dans votre navigateur. Vous pouvez aussi accepter tous les cookies en cliquant sur le bouton « Accepter tous les cookies ». Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre Politique de confidentialité et des cookies.