Le sujet plus qu’original de cette promenade musicale nous emmène en compagnie de Julie Autissier et de Raphaël Callandreau, accompagnés par leur piano, dans la salle voûtée de l’Essaïon.
Après le succès de J’ai mangé du Jacques, nos comparses nous invitent à redécouvrir à l’aide d’une trentaine de chansons – toutes subversives – un répertoire choisi qui illustre le propos.
Un spectacle se trouve menacé d’annulation par crainte de choquer…
Leurs visions divergentes de la liberté s’opposent. Ils vont cependant avec humour et audace jeter un regard acéré sur des thèmes aussi sensibles que la guerre, la religion, la drogue, la politique et…le sexe !
Les limites entre insolence et offense s’avèrent fragiles : vont-ils interdire l’interdit ou censurer la censure ?

Notre avis sur la représentation du 13 avril :
Ce qui choquait dans les années soixante nous fait sourire aujourd’hui, confère la chanson de Pierre Perret Les jolies colonies de vacances qui offusqua le palais de l’Élysée jusqu’à vouloir l’interdire de diffusion sur les ondes.
Nous n’en sommes plus là heureusement, mais la question se pose de savoir si la liberté d’expression ne demeure pas néanmoins fragile.
Le rôle des artistes n’est t-il pas de porter haut les voix contestataires ?

Nos artistes nous en font une brillante démonstration en soixante quinze minutes, chantant, interprétant des textes, jouant également de divers instruments de musique avec maestria.
Au répertoire Brel, Brassens, Ferrat, Gainsbourg mais aussi Mylène Farmer, George Michael, Philippe Katerine ou bien encore Boris Vian se succèdent à un rythme effréné qui ne nous laisse aucun répit, entre rires et émotion contenue.

La fluide mise en scène de Nicolas Guilleminot les sert au mieux dans un esprit de complicité absolue.
Cette friandise musicale impertinente se savoure avec délice et mérite tous les éloges ; elle fera pour sûr après Paris les beaux soirs du festival off d’Avignon.
Philippe Pocidalo.
13 avril 2026
Théâtre Essaion jusqu’au 26 mai :
https://essaion-theatre.com/spectacle/une-censure-sachant-chanter/



