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Strasbourg « une flamboyante Carmen

Strasbourg « une flamboyante Carmen

©DR

Depuis sa création en 1961, c’est la première fois que l’Orchestre Universitaire de’ Strasbourg, propose un opéra entier, accompagné par le Chœur de chambre de l’Université de Strasbourg et les enfants de la Maîtrise Sainte-Philomène de Haguenau. Et quel opéra : Carmen de Georges Bizet, opéra le plus joué au monde. En outre, neuf solistes ont assuré les rôles principaux. Au total, ce sont plus de 130 musiciens et choristes qui ont accompagné l’histoire de Carmen, femme libre, racontée par le très expérimenté conteur Jean Lorrain, sans jamais en faire de trop, s’immiscent parfois sur la scène, chantant même quelques notes « de l’Amour est enfant de Bohème » ! Un vrai régal de l’entendre nous conter cette histoire dramatique d’amour, de passion et de mort.

Le casting des solistes est idéal. Tout de noir vêtue (et en pantalon !!!) avec un magnifique châle rouge (celui de son arrière grand’mère paraît-il), Anaïs Yvos campe une Carmen parfaite, scéniquement grâce à ses balancements lascifs et vocalement par une voix bien placée, un beau médium et des aigus de toute beauté. Tantôt passionnée, amoureuse, tantôt furieuse, déçue par Don José, elle est entière jusqu’à sa mort. « Libre elle vécut, libre elle mourra »…..chante-t-elle juste avant de mourir.

Guillaume Zhang incarne un Don José très crédible, dont la voix gagne en intensité au fil de l’action. Ton timbre est clair et bien sonnant. Quel final magnifique quand il chante « vous pouvez m’arrêter, c’est moi qui l’ai tuée, ma Carmen adorée ». Que c’était émouvant.

Oleg Volkov (un « ancien » de Opéra Studio) campe un Escamillo sûr de lui. Il est parfait scéniquement (même s’il ne porte pas l’habit de lumière) car son timbre est solaire, lumineux, de velours. Une petite touche d’humour, il s’est offert le luxe de porter des chaussettes rouges, petit clin d’œil au rouge de la passion et aussi de la mort.

Blerta Zhegu, bien que souffrante est une Micaëla crédible, un peu trop timide et une voix trop effacée.

Michael Karski est rayonnant scéniquement et vocalement dans le rôle de Zuniga.

La maîtrise Sainte-Philomène de Haguenau, dirigée par Nicolas Wittner a offert des moments exceptionnels de précisions dans le chant, avec un enthousiasme qui faisait plaisir à voir. Le chœur de chambre de l’Université, guidé par Clément Charlon et Laurent Roos ont brillé par leur exactitude et homogénéité : les voix bien placées et précises dans les attaques n’ont rien à envier à certaines productions professionnelles qui n’ont pas souvent l’enthousiasme dégagé par cette formation universitaire.

Quant à l’orchestre universitaire de Strasbourg dirigé de main de maître par Mauro Mariani nous a offert une interprétation très nuancée, bien placée de la partition de Carmen. Les bois étaient chatoyants, les cordes lyriques et la harpe délicieuse dans le prélude du 2e acte.

La mise en place est confiée à Marie-Salomé Iffrig qui a su donner du corps dans cette semi mise en scène en faisant tourner les solistes autour de l’orchestre.Un bel effet !!! Une mention toute particulière pour les costumes bien colorés et très parlants confectionnés par Marguerite Woerlé, présidente d’Opéra Piano.

L’ensemble des artistes : musiciens, chœurs, solistes ont relevé ce défi « fou » de jouer Carmen au Palais des Congrès et de la Musique, grâce à leur énergie, leur passion et leur enthousiasme.

D’ailleurs, les « standing ovation » enthousiastes des spectateurs les ont récompensés pour leur travail de « pros » et répétons-le, ils n’ont aucunement à rougir face à des productions purement professionnelles, mais avec l’enthousiasme et la passion en plus. A quand la prochaine réalisation ???

Marie-Thérèse Werling
14 juin 2024

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