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Room à Anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes

Room à Anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes

©Richard Haughton

Pendant près de deux ans, la pandémie a fait obstacle au projet de RooM de James Thierrée. Finalement, ce spectacle a pu voir le jour au Théâtre de Carouge en Suisse au mois de janvier. Notre département avait déjà reçu à plusieurs reprises la plupart des productions de James Thierrée dont on rappellera qu’il est l’arrière-petit-fils du dramaturge Eugène O’Neill et le petit-fils de Charlie Chaplin. James Thierrée a un univers fantasmagorique qui n’appartient qu’à lui et pour lequel il a fondé la Compagnie du Hanneton qui a proposé entre autres, La Symphonie du hanneton, La Veillée des abysses, Au revoir parapluie, Raoul etc. qui, jusqu’à présent, avaient la particularité de n’accorder de place ni au parler, ni au chant en proposant une sorte de medley s’inscrivant entre le cirque, le mime et la danse.

RooM tout en conservant un climat identique, intègre de surcroît parole et chansons avec une fort talentueuse équipe de musiciens, de chanteuses, de danseurs et danseuses. Dans les interviews qu’il a données, James Thierrée précise que – comme précédemment- le spectateur doit, à la vision particulière de son œuvre, lâcher-prise car il ne s’agit en rien d’une construction dramaturgique « classique », son seul fil conducteur étant celui d’une totale liberté. Il s’agit de se laisser entraîner dans un monde onirique entre rêve et cauchemar qui n’est en aucun cas « théâtralisé » mais davantage mû par un processus de type « réaction-émotion ».

Au demeurant il n’y a pas spécifiquement de protagoniste, car le personnage principal est essentiellement la vaste pièce d’un appartement (« room ») qui se métamorphose au fil des scènes. C’est en quelque sorte le deus ex machina du spectacle. RooM est un espace indéfini qui se construit sur la base de plans mais se déstructure au fur et à mesure de l’action. Il y a des portes qui s’ouvrent sur le néant et il n’y a aucun espace spécifiquement assigné à un quelconque usage. A l’intérieur de cette pièce qui se veut (néanmoins) aussi plateau de théâtre, James Thierrée est comme un (magistral) chef d’orchestre qui, ayant perdu ses repères, nous propose une sorte de « chaos » festif autant qu’ésotérique qui relève aussi bien de la danse contemporaine et sportive que d’un opéra qui flirterait avec la musique électronique et bien entendu, du cirque en ce qui concerne les exploits acrobatiques. Se succèdent les intermèdes musicaux d’un orchestre qui lui aussi se déplace en venant contrepointer des scènes burlesques, des disputes, des scènes d’amour-sexe sur un canapé où l’érotisme se combine avec la danse, des onomatopées dans des dialogues volontairement farfelus et incompréhensibles, le mélange de langues (italien/anglais/français…), bref, un « espace-temps » loufoque où les lumières changent à chaque instant en même temps que les murs et les parois de ce room s’élargissent, se croisent, s’entrecroisent, se resserrent etc. Il y a même comme dans les précédents spectacles – et en forme de clin d’œil à ceux-ci- un monstre amphibie qui surgit et traverse le plateau. On a droit aussi pêle-mêle à une séance chez le psy où s’inversent le praticien et le patient, un combat farouche avec le tuba qu’on doit dompter tel un animal, un assourdissant solo de batterie, un piano qui joue seul, des lumières qui s’éteignent brusquement…
Bref un univers surréaliste et déjanté sans limites où chacun peut et doit tirer de son imaginaire ce qu’il veut bien extraire de ce «  moment paroxysmique »  qui ne s’intègre dans aucun genre mais qui, comme une énorme lame de fond, submerge l’esprit et emporte par tant de folles richesses visuelles et auditives l’adhésion d’un public comblé.

Christian JARNIAT
Le 8 avril 2022

ROOM : 

créé et interprété par James Thierrée
musique originale James Thierrée

avec Anne-Lise Binard, Ching-Ying Chien, Mathias Durand, Samuel Dutertre, Hélène Escriva, Steeve Eton, Maxime Fleau, Nora Horvath, Sarah Manesse, Alessio Negro

lumières James Thierrée, Lucie Delorme
régie son Lilian Herrouin, Loïc Lambert
costumes James Thierrée
réalisation costumes Laurette Picheret, Sabine Schlemmer
régie générale Rodolphe Padel
assistant à la création musicale Mathias Durand
assistants à la mise en scène et coordination Felicitas Willems, Philippe Royer
construction décor et accessoires Olivier Achez, Mathieu Fernandez, Christelle Naddéo, Félix Page, Sam Dutertre & Anthony Nicolas, Thomas Delot, Joanny Guillaumin
patines et peintures Marie Rossetti
régie plateau Samuel Dutertre, Mathieu Fernandez, Christelle Naddéo, Félix Page, Laurette Picheret, Alessio Negro
administration La Compagnie du Hanneton, Benoîte Gillet
production et coordination La Compagnie du Hanneton, Emmanuelle Taccard et Hélène Dubois
production déléguée Quaternaire : Sarah Ford, Anne McDougall, Felicitas Willems
consultante technique : Violaine Crespin

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