Quelles sont les raisons qui ont déterminé votre entrée dans la carrière de comédienne /de chanteuse / de danseuse ?
J’ai toujours su, au fond de moi, que la scène était l’endroit où je pouvais être pleinement moi-même. Chanter, jouer, raconter des histoires… c’est ainsi que je m’exprime le plus justement. J’aime offrir de la joie, de l’amour, émouvoir et toucher les cœurs en faisant vivre les mots des poètes et les mélodies des compositeurs.
J’ai reçu très tôt une éducation musicale grâce à mes parents, puis grâce à des mentors rencontrés au fil de mon cheminement à l’international. Je suis très fière que ces influences aient façonné mon parcours et nourri la passion qui m’anime aujourd’hui ! Je ressens désormais le besoin d’honorer cet héritage, de le partager avec le public qui m’écoute et, je l’espère, de le transmettre à mon tour aux générations futures.

Depuis l’enfance aviez vous imaginé cette vocation ou, au contraire, envisagiez vous un autre avenir ?
J’ai toujours rêvé d’être réalisatrice et actrice de cinéma. Très tôt, je regardais tous les classiques du cinéma français et hollywoodien, je m’imaginais dans cet univers, portée par les images, les histoires, les grands thèmes musicaux et les émotions. Fille de musiciens classiques, j’ai instinctivement cherché à vouloir faire dialoguer la musique et la comédie. Enfant, je chantais sans cesse, je reprenais tout d’oreille. Il me manquait encore un entre-deux où tout pourrait se rejoindre…
J’ai grandi en regardant mes parents sur scène. Cet espace est devenu un horizon familier. J’ai exploré le piano, pensant un temps suivre leur chemin. Puis le chant lyrique, le théâtre, l’acting et la danse se sont rencontrés lorsque je suis entrée au Chœur d’enfants de l’Opéra de Nice. À cet instant, tout s’est aligné : ce n’était plus un choix mais une évidence!!

Quelle a été votre formation en matière de théâtre, de chant, de danse ?
J’ai débuté très jeune par la danse classique à Cannes à l’école Rosella Hightower, en parallèle de l’apprentissage du violon et du piano. J’ai ensuite intégré le Chœur d’enfants de l’Opéra de Nice, où j’ai chanté jusqu’à l’âge de 15 ans.
J’ai poursuivi ma formation au CNRR de Nice, en y suivant un cursus approfondi de chant lyrique et d’art dramatique. À l’obtention de mon DEM, mon parcours m’a menée à l’Université de Montréal, où j’ai obtenu ma licence en Interprétation Chant Classique puis à la Curtis Institute of Music à Philadelphie, où j’ai achevé un master en Opera Studies.

Aviez vous, dans votre enfance, déjà assisté à un opéra, une pièce de théâtre, une opérette ou à une comédie musicale qui vous avait marqué et, si oui, lesquelles, en quels lieux et avec quels interprètes ?
Mes parents m’emmenaient très souvent à l’Opéra de Nice, où nous allions voir des ballets et des opéras comme Casse-Noisette, La Chauve-Souris, Le Dialogue des Carmélites ou encore Così fan tutte. À Londres, j’avais vu Billy Elliot et j’étais complètement fascinée ! Puis Le Roi Lion à Broadway… Toutes ces productions me nourrissaient sans même que je m’en rende compte.
Mais surtout, nous allions beaucoup au cinéma. J’adorais ça ! Peut-être encore plus parce qu’on pouvait manger du popcorn, ce qui n’est pas vraiment possible à l’Opéra ! (rires)
À la maison, on regardait aussi les grands classiques de l’âge d’or de la comédie musicale américaine, avec Gene Kelly, Debbie Reynolds ou Cyd Charisse… que j’admirais déjà profondément.

Avez-vous eu une rencontre déterminante qui a entraîné votre vocation ?
Roberto Alagna à Monte-Carlo en 2017. Après une de ses performances, j’avais eu un moment avec lui dans sa loge et il avait été particulièrement bienveillant et généreux de son temps. Il m’a dit de toujours écouter mon instinct et de me faire confiance. Il n’y a que cela qui mène vers l’acquisition de nos rêves.
Une autre rencontre déterminante a été celle avec Sumi Jo, en 2024, lors de la première édition de son concours. Elle a toujours été d’un soutien immense et sincère dans mon parcours. Depuis, elle m’encourage dans tout ce que j’entreprends, et sa confiance en moi compte énormément. Ces artistes que j’admirais déjà sont devenus, à leur manière, des repères humains et artistiques. Leur gentillesse et leur foi dans mon travail m’ont profondément touchée bien plus que je ne saurais le dire !

Quel a été votre premier rôle ? Où et quand ?
Mes premiers rôles furent Phani dans Les Indes Galantes de Rameau et Pauline dans La Vie Parisienne de Offenbach. C’était à l’Université de Montréal durant notre saison 2019-2020.

Opéras, Théâtre, Opérettes, Comédies musicale, Danse. Comment se répartissent dans votre carrière ces disciplines ?
Ces disciplines se répartissent admirablement je dois dire. Je crois sincèrement qu’aujourd’hui, un artiste peut (et même doit) se diversifier et s’amuser à explorer plein d’univers différents ! Avec un peu d’intelligence et d’organisation, on peut mêler plusieurs répertoires sans avoir forcément à choisir. C’est vraiment mon souhait le plus cher. Ces mondes sont encore trop souvent cloisonnés, et j’aimerais réussir à les rassembler, tout en respectant l’identité de chacun. Après tout, que ce soit à l’Opéra, au Théâtre, en Opérette ou en Comédie Musicale, nous faisons tous exactement la même chose : on transmet des émotions !

Votre meilleur souvenir artistique ?
Mon premier concert symphonique avec la Curtis Institute of Music sous la direction de Yannick Nézet-Séguin où j’ai chanté un extrait du rôle de Mélisande que je rêve un jour d’interpréter !

Quelle est votre actualité ?
Je suis actuellement à l’affiche des Demoiselles de Rochefort au Théâtre du Lido, et je prépare parallèlement deux tournées de musique de chambre aux États-Unis : l’une avec la Curtis Institute of Music en tant qu’alumni, et l’autre avec la compagnie lyrique Opéra Fuoco de David Stern, en tant que membre de leur atelier lyrique, prévue pour février et mars 2026. Je ferai également mes débuts en récital solo aux États-Unis dans divers venues sur la Côte Est !

Quels sont vos projets ?
J’ai plusieurs auditions que je souhaite passer, et je me prépare pour des débuts dans deux maisons d’opéras européennes l’année prochaine que j’ai très hâte d’annoncer !
Quels sont les rôles que vous n’avez pas encore abordés et que vous souhaiteriez interpréter ?
Il y a tellement de rôles dont je rêve… En faire la liste serait interminable ! Mais je sais une chose : je ne pourrais pas imaginer ma vie sans chanter au moins deux rôles du grand répertoire français : Mélisande (Pelléas et Mélisande) et Blanche de la Force (Dialogues des Carmélites). Ces deux personnages sont mes deux véritables muses.

Qu’est-ce qui continue à vous émouvoir, à vous bouleverser, quand vous jouez ou vous chantez ?
Ce qui continue à m’émouvoir quand je chante ou que je joue, c’est cette sensation un peu mystérieuse qui naît entre moi, la musique et le public. La musique et les mots prennent soudain vie, et tout se passe dans l’instant. Parfois, il suffit d’un silence, d’un regard, d’un accord, et je sens quelque chose bouger en moi. Cette fragilité du moment, le fait que rien ne puisse être rejoué exactement de la même façon, me touche énormément.
Interpréter un rôle me transforme aussi beaucoup. J’entre dans un autre univers, dans une autre sensibilité, et je me laisse traverser par ce que vit le personnage. C’est très intérieur, très intime, et en même temps je le partage avec toutes les personnes assises dans la salle. Il m’arrive vraiment d’avoir l’impression que l’on respire ensemble, comme si nous étions reliés par la musique.
Et puis, il y a toujours cette petite voix en moi qui me rappelle la petite fille que j’étais, celle qui regardait les spectacles avec des étoiles dans les yeux. Parfois, je réalise que je suis en train de vivre ce rêve-là, sur scène, et cela me bouleverse encore. Savoir que des gens viennent pour ressentir quelque chose, pour rêver un peu, pour s’échapper du quotidien, et que je peux contribuer à cette émotion, même modestement, cela me rappelle pourquoi je fais ce métier : pour partager, pour émouvoir, pour relier.

Quels sont vos rêves ?
Je rêve un jour de travailler dans le cinéma, juste pour réaliser ce rêve de petite fille. Mais ce dont j’ai toujours rêvé c’est une carrière où aucun style musical ne sera laissé de côté, où je pourrai les faire se rencontrer, se répondre, se mêler… et où je n’aurai jamais à choisir entre mes passions ni à privilégier un chemin artistique au détriment d’un autre. Je rêve d’une carrière multiple !
Quelques mots sur ” Les Demoiselles de Rochefort »
Idéal, Inoubliable, Intemporel, Incomparable !
Propos recueillis par Christian Jarniat











