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Philharmonique de Monte-Carlo : un début de saison à la russe.

Philharmonique de Monte-Carlo : un début de saison à la russe.

dimanche 11 janvier 2026

Qui mieux que le jeune chef Emmanuel Tjeknavorian peut diriger la Danse du sabre ? Sa baguette est tranchante comme une lame. Elle fend l’air. Sous ses injonctions, les phrases musicales claquent, scintillent, ont l’éclat de l’acier au soleil. L’orchestre resplendit.

C’est avec cette célèbre danse de Khatchatourian qu’il a ouvert son concert du Philharmonique de Monte-Carlo.

260111 E.TjeknavorianL.Petrova credit OPMC communication 1
©OPMC communication

L’ensemble du programme qui a bénéficié de son panache. Lorsque Tjeknavorian s’empara de Roméo et Juliette de Tchaïkovsky, il entraîna l’orchestre dans un vertige de romantisme. Le thème de l’amour — l’un des beaux sortis de la plume de Tchaïkovsky — vibra comme jamais, tandis que les coups de cymbales faisaient résonner le choc des épées des Capulets et des Montaigus. On eût dit que l’orchestre tout entier se laissait porter par la houle de la musique. Derrière leurs pupitres, le mouvement d’ensemble des musiciens étaient beau à voir. Au premier rang, la violoniste soliste Liza Kerob les entraînait dans leur élan tandis que tout en haut, le timbalier Julien Bourgeois stimulait leur avancée, faisant rouler ici les coups du destin, et là les martellements guerriers de la Danse du sabre. De tous les coins de l’orchestre jaillissaient d’étincelants solos.

Le vertige romantique se poursuivit dans le tourbillon des Danses polovtsiennes de Borodine – fastueuses et brûlantes, où l’ivresse rythmique gagnait tous les pupitres.

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©OPMC communication

Il y eut aussi, dans ce concert, l’éblouissant 1er concerto de Prokofiev joué par la violoniste Liya Petrova. Que souhaiter de plus pur, de plus précis, de plus élégamment virtuose que son interprétation de cette œuvre? Il ne serait pas trop de parler d’une interprétation « idéale » ! Cette enchanteresse apparut dans une robe blanche qui lui donnait l’allure d’une vestale antique. Dès les premières mesures, elle engagea avec l’orchestre un dialogue vibrant, fait tantôt de répliques fougueuses, tantôt de confidences subtiles. Parmi ces dernières, on goûta ses échanges d’une totale élégance avec la flûtiste Anne Maugue ou avec le bassoniste Jules Postel. De tels moments précieux participent à la joie du concert.

On l’aura compris, dans ce répertoire russe, l’année du Philharmonique de Monte-Carlo a débuté on ne peut mieux.

André PEYREGNE
11 janvier 2026

260111 E.TjeknavorianL.Petrova credit OPMC communication 8
©OPMC communication

 

 

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