Philharmonique de Monte-Carlo : total respect pour Charles Dutoit.

Philharmonique de Monte-Carlo : total respect pour Charles Dutoit.

dimanche 12 avril 2026

OPMC _ communication

Il entre en scène d’un pas lent, silhouette droite, visage impassible, déjà concentré sur la musique qu’il va diriger. Un murmure parcourt la salle. Il est l’un des chefs les plus respectés de notre époque, totalisant près de… soixante dix ans de carrière : Charles Dutoit.

Total respect. Sa présence au pupitre galvanise l’orchestre. Et voilà le magnifique Philharmonique de Monte-Carlo encore plus uni qu’à l’habitude, encore plus soudé dans ses nuances et ses couleurs, plus tranché dans ses attaques, plus somptueux dans ses élans. Sans déployer des gestes démesurés Charles Dutoit insuffle à ses musiciens une formidable énergie.

On se croirait sur une autre planète. En fait, on est même sur plusieurs. Car, lors de ce concert est programmée cette œuvre monumentale et hollywoodienne que sont les Planètes de Holst ! Et voilà que Mars gronde, avec ses délires martelés ; Jupiter éclate, prodigue en splendeurs ; Vénus déroule son langage de paix ; Mercure file, rieur, insaisissable ; Saturne fait entendre le balancier de son horloge, annonciatrice d’une inévitable vieillesse ; Uranus s’agite, exubérant ; Neptune, enfin, s’éloigne au son d’un murmure de voix de femmes, chantant depuis les coulisses, comme un voile déposé sur l’infini.

Au milieu du tourbillon orchestral, les bataillons des cors et des trombones brillent de tous leurs feux. Les solos fusent : ici la violoniste Liza Kerob qui, par la grâce de ses interventions, offre un miroir à Vénus, là Matthias Perssons qui, d’une planète à l’autre, fait valoir les fulgurances de sa trompette, Matthieu Petitjean les clartés de son hautbois, Anne Maugue le scintillement de sa flûte, Sophia Steckeler le tintement de sa harpe. Il y aurait tant d’autres à citer, sans parler du doux ensemble des femmes du Chœur 1732.

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Lors de ce concert, on entendit aussi la Symphonie espagnole  de Lalo. La violoniste coréenne Clara-Jumi Kang y fit merveille, élégamment apparue dans une robe noire et dorée dont la largeur des manches donnait à chaque mouvement du bras l’allure d’un battement d’aile. Son ampleur de son aurait pu faire croire que son violon était sonorisé. Sa maîtrise de jeu, son autorité, sa justesse de ton firent merveille, ainsi que sa noblesse d’interprétation dans une œuvre où l’on glisse souvent dans des espagnolades de bas étage. Elle aussi semblait venir d’une autre planète…

André PEYREGNE
12 avril 2026

 

 

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