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Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : fin d’automne et « Sacre du Printemps ».

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : fin d’automne et « Sacre du Printemps ».

dimanche 23 octobre 2022
le chef russe Stanislaw Kochanowski et le violoniste ukrainien Valery Sokolov, main dans la main ©DR

La saison d’automne du Philharmonique de Monte-Carlo vient de s’achever sur deux concerts qui ont suscité des standing ovations.
Le premier, dimanche 23 octobre, (notre photo) était aussi fort musicalement que symboliquement : le chef d’orchestre, Stanislaw Kochanowski, était russe et le violoniste, Valery Sokolov, ukrainien. Ces deux frères censément ennemis nous ont offert l’une des plus belles interprétations qu’il nous ait été donné d’entendre du concerto de Khatchatourian. Ils se sont investis dans leur interprétation avec un élan fraternel qui devrait être donné en exemple à tous les grands de ce monde dans le tragique contexte international actuel. On n’oubliera pas l’image forte de leur salut main dans la main. 
Ah si tous ceux qui nous gouvernent pouvaient s’inspirer des messages envoyés par les artistes de notre monde ! 

Le deuxième concert, vendredi 28 octobre, restera peut-être LE « concert de l’année », avec deux artistes quasi légendaires, la pianiste Martha Argerich, 81 ans, et le chef d’orchestre Charles Dutoit, 86 ans.  
On n’est pas près d’oublier le Concerto de Schumann de la première et le Sacre du Printemps du second. 
Martha Argerich nous donna du concerto une interprétation qu’on pourrait qualifier d’« idéale ». Chaque mesure fut un éblouissement. Ses doigts avaient la même vigueur que lorsqu’elle avait vingt ans.
A ses côtés, sous la direction de Charles Dutoit, l’accompagnement du Philharmonique de Monte-Carlo fut plus qu’un accompagnement – une vraie caresse. 
Mais, en matière de direction d’orchestre, on n’avait encore rien vu. Le meilleur était à venir avec le  Sacre du printemps de Stravinsky.   
Voilà une œuvre d’une étonnante complexité, avec ses constants changements de mesure, ses accents sauvages, ses époustouflantes dissonances, ses tonalités et ses rythmes mélangés. Charles Dutoit la conduisit avec la même sérénité que s’il avait dirigé la Petite musique de nuit.
Droit comme un i à son pupitre, il avait l’oeil à tout. Rien ne lui échappait des jaillissements sonores émanant de tous les pupitres.   
L’orchestre explosait en effets dantesques, en sonorités de cataclysme, en crescendos de tsunami. Dans la salle on était bouche bée. Lorsque l’interruption arriva entre les deux parties de l’oeuvre (l’ « Adoration de la terre » et le « Sacrifice »), là où d’habitude les gens toussent ou bougent, la salle resta figée, comme envoûtée par ce qu’elle avait entendu. L’envoûtement demeura dans la seconde partie, jusqu’à l’époustouflante « Danse sacrale » finale.
C’est avec ce Printemps que s’est achevé l’automne philharmonique monégasque. 

André PEYREGNE
23 et 28 octobre 2022

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