Dans le cadre du Festival Arsmondo, le ténor samoan Pene Pati, a donné un superbe et magnifique récital accompagné par le pianiste Mathieu Pordoy, dans des mélodies et airs d’opéra de Gabriel Fauré, Henri Duparc, Jules Massenet, Francesco Paolo Tosti, Francesco Cilea, Alfredo Catalani, Gaetano Donizetti et Amicale Ponchielli,……mais pas que !!! avec une surprise en fin de seconde partie.
Les Iles Samoa entre Hawaï et la Nouvelle-Zélande sont surtout connues dans le monde rugbystique. Et c’est là qu’est né Pene PATI dans une famille de musiciens. Un père ténor, un frère ténor également Amitai (Alfredo dans la dernière Traviata à Strasbourg), une compagne soprano Amina Edris. Il aime raconter que pour rentrer dans une équipe de rugby, il fallait être inscrit dans une chorale et c’est là qu’il est tombé amoureux de la musique et du chant.
Le public strasbourgeois a eu l’occasion d’entendre Pene Pati, en février 2025 dans un mémorable Werther en version concertante.
Et ce soir, il revient à l’Opéra National du Rhin devant une salle comble.
Il arrive sur scène, détendu, souriant, en costume beige, chemise blanche ouverte et attaque la première partie française avec Gabriel Fauré (Rencontre, Toujours et Adieu). On est d’emblée frappé par la diction parfaite, le chant fluide. Après cette mise en « oreille » place à l’opéra de Jules Massenet Werther avec l’air « Ô Nature, pleine de grâce » que Pene Pati aborde d’une voix mixte légère et aérienne, mais qui s’est un peu crispée. L’excellent pianiste Mathieu Pordoy interprète alors la célèbre Méditation de Thaïs dans un bel arrangement pour piano solo.
La Sérénade Florentine, L’invitation au Voyage et Phidylé sont un pur ravissement, toujours bien accompagné par le piano très inspiré de Pordoy, dont le toucher est clair et délicat et d’une belle virtuosité.
Cette première partie s’achève avec l’un des grands rôles de Pene Pati, Roméo de Charles Gounod avec la cavatine « Ah lève-toi soleil » où notre ténor a eu un petit problème de souffle dans l’aigu, notamment dans le premier «parais », mais au second il le chante avec un bel aigu lumineux.
Le début de la seconde partie de son récital est consacré à l’Italie, avec trois chansons de Francesco Paolo Tosti : La Serenata, Non t’amo piu et Marechiare. A vucchella que Pene Pati interprète avec joie « à l’italienne » générosité et un sourire invariablement accroché aux lèvres, cherchant en permanence la communication avec le public qu’il scrute, y compris pendant le chant.
Un moment exceptionnel dans « Cielo e mar » de La Gioconda de Ponchelli, un air difficile que Pene Pati a affronté (après avoir fait un signe de la croix) avec sa technique souple, sans jamais forcer. Son interprétation de « Fra poco a me ricovero » air d’Edgardo de Lucia di Lammermoor de Donizetti est aussi un autre moment de bel canto.
Des tonnerres d’applaudissements saluent Pene Pati et son pianiste Mathieu Pordoy.
On attendait un bis, peut-être « Nessun dorma » de Puccini, mais que nenni, Pene Pati revient sur scène pour évoquer ses racines lointaines en exécutant un chant mélancolique « Le manu tagi e » s’accompagnant lui-même au piano, avant de chanter « a cappella » l’hymne maori « Pôkarekare Ana » avec cette surprise d’un « HAKA » chanté, dansé dans la pure tradition des « All Blacks »
Non ce n’est pas encore la fin, car après toutes ses prouesses, il termine avec Werther « Pourquoi me réveiller ».
Le public très enthousiaste a pris énormément de plaisir à ce concert qui devait durer une heure 30 mais qui au final, se sera étiré plus de deux heures.
Marie-Thérèse Werling
16 mars 2026
