Le héros d’Alexandre Dumas – très en vogue en ce moment – revient dans une comédie musicale écrite par Stéphane Laporte et Yann Guillon.
En 1975 déjà Michel Legrand nous livrait une version dont le comédien-chanteur Philippe Clay tenait le haut de l’affiche.
Figure appréciée dans la littérature et au cinéma, Edmond Dantès revit sous les traits de Stanley Kassa, artiste remarqué la saison passée dans Les Misérables au Châtelet.
L’intrigue (bien connue de tous) nous plonge à Paris, puis à Marseille, au XIXème siècle.
Victime d’un complot puis arrêté pour un crime qu’il n’a pas commis, Edmond parvient à s’échapper de l’enfer du château d’If.
Sa rencontre avec l’Abbé Faria sera déterminante pour accomplir le destin vengeur qui l’attendra : il n’aura de cesse de retrouver les trois gredins qui l’ont calomnié.

Notre avis sur la représentation du 12 février :
La scénographie (signée Julien Mairesse) soigneusement travaillée nous promène d’intérieurs bourgeois en ruelles sombres, en passant par des scènes marines dont le réalisme impressionne.
Tout aussi rapide et efficace qu’un film, la fiction riche en péripéties et rebondissements se trouve ici magnifiquement servie.
Le spectacle (condensé en un peu plus de deux heures) relève de la prouesse que nos auteurs ont su maîtriser, tenant sans temps mort le spectateur en haleine.
Efficacement soutenus par la fluide mise en scène d’Alexandre Faitrouni, les protagonistes fort à l’aise font preuve d’un professionnalisme irréprochable.
Le casting a judicieusement retenu des comédiens-chanteurs parmi la nouvelle génération, tout en s’appuyant sur de plus aguerris qui complètent le plateau en une parfaite unité.

L’infortuné couple Edmond-Mercédès, incarné par Stanley Kassa et par Océane Demontis (déjà complices dans de précédents spectacles prestigieux) se révèle dans une complète osmose et convainc pleinement.
Il en va de même pour les Danglars (Tatiana Matre et Cyril Romoli), à peine moins diaboliques que les Thénardier des Misérables !
Les jeunes et prometteurs Antoine Le Provost (juste sorti de Cher Evan Hansen) ainsi que Nathan Desnyder (récent Chat Botté) apportent la fougue et l’ardeur requises à leurs rôles respectifs.
Mention spéciale pour Maxime de Toledo, qui trouve ici un rôle à sa hauteur, ainsi qu’à Loïc de Suberville (autre méchant de l’histoire) qui impose son personnage tout en nuances.
Ce beau livre d’images nous a cependant laissés quelque peu sur notre faim, à cause des chansons très répétitives donnant trop l’impression de « déjà entendu ».

Les agréables moments chorégraphiques arrivent bien à propos et donnent un relief supplémentaire au spectacle.
Ce spectacle représente au final une réussite, qui prouve que le musical à la française occupe aujourd’hui une place non négligeable dans le paysage du spectacle vivant.
Philippe POCIDALO
12/02/2026.
Livret : Stéphane Laporte et Yann Guillon
Musique : Benoît Poher et Franklin Ferrand
Mise en scène : Alexandre Faitrouni
Scénographie : Julien Mairesse
Costumes : Sylvain Rigault
Chorégraphies : Julia Splesser
Direction musicale : Yoann Launay
Direction artistique : Jean-Christophe Labrunye
Lumières : Victorien Cayzeele.
Distribution :
Edmond Dantès : Stanley Kassa
Mercédès Herrera : Océane Demontis
Gérard de Villefort : Maxime de Toledo
Danglars : Cyril Romoli
Hermine Danglars : Tatiana Matre
Haydée : Jade Gaumet
Jacopo : Antonio Macipe
Abbé Faria : Jérôme Dupleix
Albert de Morcerf : Antoine Le Provost
Eugénie Danglars : Lila Touchard
Cavalcanti : Nathan Desnyder
Fernand Mondego : Loïc Suberville







