Monaco : Thierry Amadi transcende un Concerto de Haydn

Monaco : Thierry Amadi transcende un Concerto de Haydn

dimanche 8 février 2026

©Stéphane Danna / Direction de la communication

Il arriva jeune, beau, conquérant, sur l’estrade qui avait été placée à son intention devant l’orchestre, sur la scène de l’Auditorium Rainier III de Monaco.

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©Stéphane Danna / Direction de la communication

Empoignant son violoncelle, Thierry Amadi attaqua le Concerto en Do majeur de Haydn. On comprit aussitôt qu’il allait donner à ce joyau de la musique classique une dimension romantique. Tout avait grande allure dans son jeu : l’ampleur des phrasés, la maîtrise de la virtuosité, l’énergie des accents, la beauté du son. Il parcourut cette œuvre à grandes enjambées, avec autant d’assurance que de décontraction. Lorsqu’ arriva l’endroit de la cadence, il se permit un moment d’espièglerie.

Ses collègues de l’orchestre, complices de sa facétie, l’interrompirent en assénant le célèbre accord fortissimo de la symphonie La Surprise (de Haydn). Le public sourit. Puis Thierry Amadi revint à la lente pureté de l’Adagio du concerto : une dentelle de son, raffinée, merveille d’élégance. Rendons hommage à ce jeune violoncelliste niçois qui, en tant que soliste du Philharmonique de Monte-Carlo, occupe le poste où se trouvait jadis le grand Paul Tortelier ! Il est son digne successeur.

260208 T. Koopman T. Amadi credit Stephane Danna Direction de la communication BD
©Stéphane Danna / Direction de la communication

Le concert était dirigé par le célèbre chef baroque néerlandais Ton Koopman, 81 ans. Habitué aux sonorités feutrées des instruments à vents des orchestres « anciens », il se fit un plaisir de faire claironner les vents modernes de l’orchestre monégasque dans l’interprétation de la 3e Suite de Bach et de la 2e Symphonie de Beethoven. Ces œuvres n’en demandaient pas tant ! Ce fut parfois excessif, trop martial et appuyé. A vrai dire, on sentit ce chef plus à l’aise lorsqu’il s’adressait aux cordes et sollicitait d’elles des phrasés fluides et souples – comme dans l’Aria de la Suite de Bach et le Larghetto (deuxième mouvement) de la symphonie de Beethoven. Ainsi se rencontrèrent, le temps d’un soir, ce grand maître venu du baroque et cet orchestre magnifique, rutilant de sonorités modernes.

André PEYREGNE
8 janvier 2026

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