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L’Opéra de Bavière présente Hanjo de Toshio Hosokawa en ouverture du Festival Ja, Mai 2023

L’Opéra de Bavière présente Hanjo de Toshio Hosokawa en ouverture du Festival Ja, Mai 2023

vendredi 17 novembre 2023

©  Bayerische Staatsoper

Le vendredi 5 mai 2023, à 19 heures, première de l’opéra Hanjo du compositeur Toshio Hosokawa. une coopération entre l’Opéra d’État de Bavière et la Haus der Kunst. Toshio Hosokawa a également composé le livret d‘Hanjo, d’après la pièce de théâtre N? du même nom de Yukio Mishima. Hanjo est chanté en anglais, dans une traduction de Donald Keene. La première de l’opéra Hanjo donnera le coup d’envoi du festival Ja, Mai et, tout comme la deuxième première de l’opéra du festival, Il ritorno / Das Jahr des magischen Denkens (L’année de la pensée magique), qui traite du thème de l’attente comme mode de vie. Les deux soirées, qui proposent l’une un opéra contemporain et l’autre une œuvre musico-théâtrale de Claudio Monteverdi, participent du projet du festival Ja, Mai, qui a pour but de proposer une réflexion sur l’évolution du théâtre musical en partant de son histoire et en se projetant dans l’avenir. Le spectacle Hanjo, interprété par l’Orchestre de chambre de Munich sous la direction musicale de Lothar Koenigs, réunit différentes formes d’expression artistique : la musique, le chant, la danse, les arts plastiques et la haute couture. Le programme du festival Ja, Mai met l’accent sur les compositeurs Toshio Hosokawa et Claudio Monteverdi par le biais de concerts, de projections de films, d’introductions et de débats. Il tourne également autour de questions relatives au théâtre musical et à l’attente qui est le thème du festival (Erwartung). En outre, pendant la Longue Nuit de la Musique du 6 mai 2023, la Haus der Kunst deviendra le lieu de représentation de l’Opéra national de Bavière : musique de chambre, interventions musicales, ballet et aïkido ainsi qu’un atelier avec Rirkrit Tiravanija. L’oeuvre L’intrigue de Hanjo est centrée sur le personnage de Hanako, dont la vie n’est qu’attente depuis qu’elle et son amant Yoshio ont emprunté des chemins séparés. Yoshio a promis de revenir porteur d’un éventail comme signal de reconnaissance. Depuis, elle se rend tous les jours à la gare. Entre-temps, Hanako a noué une relation avec Jitsuko, une artiste plus âgée qui chérit la plus jeune comme un trésor. Un jour, Yoshio revient et réclame Hanako. Mais celle-ci ne veut pas le reconnaître. L’attente et la compagnie de Jitsuko sont devenues ses raisons de vivre. L’auteur Yukio Mishima (1955) et le compositeur Toshio Hosokawa (2004) ont effectué la double réécriture moderne de Hanjo, une ancienne histoire japonaise du 14ème. Hanjo est devenu un opéra de chambre qui place un triangle amoureux sous le microscope, pour en discerner tous les détails, et qui met en perspective les rapports de force et les rapports amoureux qui le constituent. Mishima change le happy end du jeu N?, dans lequel l’homme et la femme finissaient par se retrouver, pour proposer une autre fin qui promet désormais aux deux femmes une “vie merveilleuse” (“a wonderful life”), comme dit le livret. Pour son opéra, Hosokawa s’appuie sur la traduction anglaise du texte théâtral de Mishima par Donald Keene et crée six scènes qui forment ensemble un acte d’un seul tenant. Hanjo fut créé sur commande pour le Festival d’Aix-en-Provence où l’opéra connut sa première en 2004 dans une mise en scène d’Anne Teresa de Keersmaeker. La mise en scène L’espace et la mise en scène se centrent sur le thème du temps qui passe, qui est à la fois perceptible de manière sensorielle dans la musique de Toshio Hosokawa et qui joue un rôle important dans l’action basée sur l’état d’attente. Le mouvement est un moyen de rendre cette réalité plastique : les spectateurs sont assis de part et d’autre du décor en mouvement dans la galerie ouest de la Haus der Kunst ; la danse et les gestes, en partie focalisés par la vidéo en direct, élaborent les processus émotionnels de l’action condensée et réduite à une œuvre de chambre. La transparence est un autre ingrédient stylistique de la scénographie. Sidi Larbi Cherkaoui comprend le sujet à partir de la biographie de Yukio Mishima et du climat social spécifique des années 1950 et, avec une approche “queer”, tire des parallèles jusqu’à aujourd’hui : l’attente des deux femmes peut ainsi être lue comme un code pour l’amour homosexuel à une époque qui exigeait des tactiques de dissimulation ou même de renoncement à soi. La distribution Les trois rôles de cet opéra à petite distribution sont tenus par Sarah Aristidou dans le rôle de Hanako (qui fait ses débuts dans le rôle et dans la maison), Charlotte Hellekant, déjà connue comme interprète de Hosokawa, qui fait ses débuts dans le rôle de Jitsuko, et Konstantin Krimmel, membre de la troupe du BSO, dans le rôle de Yoshio. L’Orchestre de chambre de Munich (Münchner Kammerorchester) est placé sous la direction de Lothar Koenigs, un chef apprécié à Munich pour sa direction du répertoire straussien et des opéras du 20e siècle.  Dans la mise en scène de Sidi Larbi Cherkaoui, les chanteurs évoluent avec les danseurs d’Eastman. La scénographie est conçue par l’artiste plasticien Rirkrit Tiravanija et les costumes ont été créés par Yuima Nakazato, un styliste japonais de haute-couture japonais en pleine ascension. Le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui a déjà mis en scènE Les Indes galantes et Alceste à la Bayerische Staatsoper. Avec Hanjo, il se consacre à un univers culturel dans lequel il s’est déjà plongé dans des travaux antérieurs. Les travaux de l’artiste thaïlandais Rirkrit Tiravanija se situent entre l’art visuel et l’art actionnel, ils examinent l’action culturelle et politique ou — comme dans ses performances culinaires — créent eux-mêmes un lieu de rassemblement. C’est la première fois qu’il conçoit un décor de théâtre pour l’Opéra national de Bavière. Hanjo est une coproduction de la Bayerische Staatsoper avec la Haus der Kunst, qui est également le lieu de représentation de la production. Luc-Henri ROGER Source du texte et de la photo : traduction libre du texte de presse de la Bayerische Staatsoper Agenda  Première le 5 mai. puis les 8, 10, 12 et 14 mai à la Haus der Kunst. Tickets (places restantes sauf pour la première).? https://www.staatsoper.de/en/productions/hanjo * Note : “JA, MAI” ou “JA MEI ” ? Le mot allemand Mai correspond à notre mois de mai en français. Mais voilà on est à Munich en Bavière, où tous connaissent l’expression bavaroise Ja, Mei dont le Mei se prononce exactement comme lE Mai allemand. Le titre du festival qui se déroule au mois de mai est sans doute un jeu de mots. “Ja, mei” est une expression bavaroise courante qui marche à tous les coups et qui sert à combler les vides. Il s’agit d’une formule de compréhension générale avec de nombreuses significations, comme par exemple “Ce n’est pas grave”, “C’est comme cela, on n’y peut rien faire”, “Je m’en fiche”, “Je n’y peux rien”, “Vous avez peut-être raison, mais peut-être pas. En tout cas, je n’ai plus envie de continuer à parler de ce sujet”.

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