Quoi ? Cet homme qui a surgi en rafale devant le public de l’Opéra de Nice, bondissant, chantant, virevoltant, drôle, émouvant, incarnant un Offenbach plus vrai que nature, était Christophe Barbier – le journaliste à l’écharpe rouge aux analyses pertinentes de la télé ? Ce n’est pas possible ! Il se passe vraiment des choses étonnantes sur notre planète en ce début d’année 2026 !

Eh bien oui, c’était lui ! Lui, transfiguré par la magie du maquillage et du costume, barbe savamment broussailleuse, lorgnon en équilibre sur le nez, tel les portraits anciens du roi de l’opérette. Christophe Barbier a écrit un spectacle Offenbach et les trois empereurs avec une intelligence et une malice narrative qu’on pourrait donner en exemple à bien des historiens de grand chemin. Il venait rappeler à notre époque qu’il existe une vertu supérieure à la gravité : la légèreté. Déclamant avec le panache d’un comédien professionnel, dansant, sautant, chantant (… et chantant juste et en rythme!), il nous a étonnés. Dans le monde des journalistes où la suffisance supplée souvent l’inculture, il apparaît comme une rareté. Sa dimension culturelle et sa sensibilité artistique ne peuvent qu’influer dans sa compréhension du monde.

Une jeune cantatrice, Pauline Courtin, l’accompagnait dans un tourbillon d’airs de La Belle Hélène, Orphée aux enfers, La Grande Duchesse de Gérolstein, la Périchole. Un régal de cantatrice ! Avec sa souplesse vocale, son timbre chatoyant, ses mimiques enjôleuses, elle incarnait Hortense Schneider, la cantatrice fétiche d’Offenbach. On ignore la nature exacte des relations amicales ou amoureuses qui existèrent entre le compositeur et sa diva, mais une chose est sûre : Offenbach, ce soir, serait devenu fou de Pauline !
Le spectacle était enrichi de la présence du pianiste Vadim Sher, musicien, comédien. Au premier rang du public se trouvait une descendante du compositeur, Tatiana Offenbach. Mutin, Christophe Barbier l’entraîna dans une valse. Au fait, sait-elle si son aïeul, lorsqu’il entrait dans les salons politiques de l’époque, portait une écharpe rouge?
André PEYREGNE
15 janvier 2026


