Nous découvrons grâce à Jean-Pierre Hané (également metteur en scène et comédien dans la production) un Maupassant peut-être moins connu que celui qui nous a laissé des œuvres marquantes telles Bel-Ami, Une vie, ou bien encore Boule de Suif.
Auteur reconnu et encouragé par ses pairs, considéré comme le fils spirituel de Flaubert et ami notamment de Zola, il poursuivra ce genre littéraire qui assoira sa notoriété : la nouvelle.
Le choix de ces dernières qui ont inspiré Jean-Pierre Hané s’est porté (entre autres pépites) sur des titres comme Au bord du lit, Une femme, Vains conseils ou bien encore La moustache.
Au total : plus de dix nouvelles passées au crible, véritable tour de force pour cet inconditionnel amoureux des mots et de la littérature.
Elles témoignent sans concession d’une observation fine – pour ne pas dire acérée – des mœurs d’une époque corsetée et du rôle finalement plus important qu’il n’y paraît des femmes du 19ème siècle.
Il reconnaît éprouver un faible pour les récits courts qui accèdent à l’essentiel : cette brièveté n’a-t-elle pas séduit au demeurant d’autres grands de la littérature ? On pense à Guitry, Feydeau, Labiche ou Musset – pour ne citer qu’eux…

Il en résulte aujourd’hui un délicieux spectacle, véritable invitation à partager un moment joyeux avec cinq comédiens qui nous offrent un feu d’artifice de répliques cinglantes, toutes placées dans des situations tantôt hilarantes, tantôt grinçantes.
Ils évoluent au sein d’une scénographie simple mais rehaussée de jolis costumes d’époque judicieusement choisis.
Nous sommes accueillis par la doyenne Bérengère Dautun qui ouvre le spectacle avec le talent et l’élégance qu’on lui connaît.
S’en suivront dialogues ou monologues qui illustrent le propos de la pièce : la passion des femmes… et leur combat !
Trois âges de la vie sont représentés ; l’hommage que l’auteur rend à l’ingéniosité de ces femmes, ainsi qu’à leur intelligence, transcende les générations.
Catherine Piffaretti (totalement irrésistible), Rose Sorin et bien sûr Bérangère Dautun donnent une belle leçon de vie à la gent masculine – qui ne sort pas vainqueur de cette valeureuse joute.
Le jeune Mateo Autret Vasquez apporte une fraîcheur exquise au plateau que Jean-Pierre Hané a su si habilement composer.
Nous vous conseillons vivement ce spectacle, une réussite qui ouvre en beauté la deuxième partie de la saison théâtrale.
Philippe Pocidalo
2 janvier 2026
https://studiohebertot.com/spectacles/la-passion-des-femmes/


