Une nouvelle « mouture » née du phénoménal succès de l’édition 2024/2025
Nombre de spectateurs se souviennent encore de l’événement qu’avait constitué, dès novembre 2024, « Luminescence », spectacle immersif présenté à la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice. Initialement programmé pour une durée d’environ trois mois, ce projet d’envergure exceptionnelle avait connu un succès tel qu’il fut prolongé à plusieurs reprises jusqu’à la fin du mois de juin 2025, accueillant au total plus de 80 000 spectateurs. À la croisée de l’histoire, du vidéo-mapping et de la musique live, ce spectacle proposait une lecture inédite de l’édifice, révélant sa richesse architecturale et spirituelle sous un angle résolument contemporain.
Fort de cet engouement spectaculaire, Luminescence est revenue non point comme une « simple reprise », mais sous la forme d’une « relecture inédite » intitulée L’Odyssée Céleste, offrant au public une plongée immersive à 360 degrés au cœur de l’histoire et de la mémoire de ce lieu emblématique. Cette nouvelle « mouture », inaugurée le 28 novembre 2025, ambitionne de séduire à nouveau les niçois comme les visiteurs de passage, et s’inscrit dans une programmation qui s’étendra jusqu’au 28 mars 2026. Par cette renaissance artistique, Luminescence confirme la vocation exprimée par ses créateurs : « faire dialoguer patrimoine et technologies contemporaines pour renouveler le regard porté sur l’un des monuments les plus emblématiques de la ville ».
Une narration à deux voix et un programme musical inédit
Sur le plan dramaturgique la version 2024/2025 s’attachait à une narration univoque historique rigoureuse. La version 2026 fait le choix d’un récit plus symbolique que documentaire. L’histoire de la basilique et de la ville de Nice est évoquée par touches, par suggestions, par images mentales et surtout par le dialogue d’un enfant curieux posant des questions à la Basilique qui lui répond comme un véritable personnage.
La partie musicale du concert est entièrement différente de celle de la version précédente. Le chœur, toujours central constitue l’architecture émotionnelle du spectacle. Sa présence vivante contrebalance avec bonheur la dimension technologique de l’entreprise.

Le programme musical diffère totalement de la version précédente. On y entend un chant grégorien de Desprez difficile car a capella, (donc sans support orchestral sur la bande) et qui nécessite une extrême attention pour être directement synchrone avec les effets visuels ; deux œuvres de Grieg : « Ave Maris Stella » et la « Mort d’Ase » de Peer Gynt ; un extrait des Tableaux d’une exposition de Moussorgsky ; un extrait de la Symphonie avec orgue de Saint Saëns et un passage du somptueux Requiem de Verdi où le chef doit particulièrement veiller pour canaliser les voix dans ce déchaînement central ; La Cathédrale engloutie de Debussy ; une phrase de l’Ave Maria de Schubert ; Jésus que ma joie demeure de Bach ; un extrait du Requiem de Fauré dans lequel le chef cherche à soigner méticuleusement le phrasé musical et ,à la fin, l’ « Ode à la joie » de la Neuvième symphonie de Beethoven dont le chef de chœur nous confiait qu’elle donne les larmes aux yeux lorsqu’on la dirige .
Et ce chef, ce soir là n’était autre qu’André Peyrègne que les niçois connaissent parfaitement aussi bien en tant que musicien, journaliste, conférencier, écrivain, ancien directeur du Conservatoire de Nice qui dirigeait avec autant de précision que de conviction un ensemble de 8 choristes (2 sopranos, 2 mezzos, 2 ténors, 2 basses) issus des chœurs des opéras de Nice et de Monte-Carlo. On mesure la performance d’une pareille direction car, en l’occurrence la seule possibilité d être en parfaite cohérence avec la bande sonore est d’apprendre tout par cœur à la seconde près musique et paroles !
A noter que le chef de chœur officiel principal de la production Luminescence est Matthieu Peyrègne fils d’André Peyrègne qui le remplaçait ce soir là1

Un événement artistique majeur dans la vie culturelle niçoise
« Luminiscence 2026 » s’impose non comme une répétition du succès précédent, mais comme une « réinterprétation artistique » ambitieuse d’un concept qui a déjà fait largement ses preuves2.
Dans le paysage des spectacles immersifs actuels, souvent dominé par la seule fascination technologique, cette production se distingue par une ambition plus rare : faire de la technologie non une fin, mais un langage au service de la mémoire, de la poésie et du sacré. C’est en cela que cette nouvelle version mérite pleinement son statut d’événement artistique à part entière dans la vie culturelle niçoise.
Christian JARNIAT
16 Janvier 2026
1Matthieu Peyrègne est assisté de deux autres chefs : André Peyrègne et le chef de chœur de la Région Stéphan Nicoley.
2Les séances ont lieu les jeudi vendredi et samedi (2 séances :19h45 et 20h55)




