Trente ans ! Trente ans déjà ! Beaucoup, à Monaco, se souviennent de l’émouvante découverte, en 1996, de Bernice Coppieters dansant le ballet Roméo et Juliette de Jean-Christophe Maillot. Les années ont passé.

Et voilà que ce ballet ressurgit sur la scène de l’Opéra de Monte-Carlo. Bernice Coppieters a trouvé une digne héritière en Juliette Klein. Fraîche comme une fleur de printemps, elle présente une silhouette aérienne, un corps frémissant, des bras d’une exquise finesse. D’où vient-elle ? D’un pays lointain, comme tant de danseurs des magnifiques Ballets de Monte-Carlo ? Non, de la Côte d’Azur. C’est là que Jean-Christophe Maillot l’a cueillie. Née à Monaco, élevée à Menton, formée à Cannes à l’école de Rosella Hightower. Incarner sur la scène monégasque l’héroïne qui porte son propre prénom était le « rêve de sa vie ». Elle le réalise aujourd’hui, et, à son tour, nous fait rêver.
Trente ans ont passé et le ballet de Maillot n’a pas pris une ride. Il semble même avoir rajeuni ! Les danseurs de la nouvelle génération apportent leur fougue, leur énergie, leur sensibilité. Une explosion de vie. L’enchantement des Ballets de Monte-Carlo demeure.
Roméo est incarné par Francesco Resch. Remarquable de danse et d’expression. On comprend tous ses sentiments. Il donne à chaque mouvement une intention, à chaque regard une pensée. C’est aussi le cas de tous les danseurs de cette remarquable compagnie. Ils dansent, mais racontent aussi une histoire.

Ige Cornelis incarne un Mercutio vigoureux, bondissant, Jaat Benoot est pénétré de son personnage de Frère Laurent, lequel est l’âme et le fil conducteur du spectacle ; Simone Tribuna est un Tybalt plein de vie et de feu, Lydia Wellington et Marianna Barabas s’imposent en remarquables Nourrice et Lady Capulet.
Ce ballet mêle le vocabulaire classique et la gestuelle moderne. On admire sa pureté – pureté des lignes des décors abstraits de Pignon-Ernest, pureté des gestes qui semblent dessinés comme des épures. Parfois la danse se fait au ralenti ou stoppe en arrêt sur image. Ces effets cinématographiques sont des mieux venus.
Et, tout autour, la musique de Prokofiev – dont on regrette qu’elle soit diffusée par enregistrement et non jouée par le Philharmonique de Monte-Carlo – déroule sa splendeur.
Trente ans sont passés. Le ballet de Maillot a été représenté plus de quatre cents fois à travers le monde. Son retour à Monaco est un vrai bonheur.
André Peyrègne
30 octobre 2026
Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Musique : Sergueï Prokofiev
Décors : Ernest Pignon-Ernest
Juliette : Juliette Klein
Roméo : Francesco Resch
Mercutio : Ige Cornelis
Frère Laurent : Jaat Benoot
Tybalt : Simone Tribuna
La Nourrice : Lydia Wellington
Lady Capulet : Marianna Barabas
©Alice Blangero


