Quelques brèves réflexions sur des tensions sociales et politiques qui perturbent la vie culturelle internationale, donc la vie musicale.
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J’écris ce billet au soir de mon anniversaire. Comme les années et les décennies ont passé vite ! Formé dans un monde où les rescapés de la Seconde Guerre mondiale étaient habités par la soif de la paix et de la concorde, j’ai parfois cru que la haine, la zizanie et les invectives n’étaient pas dignes des sphères de la culture. Tel n’est vraiment pas le cas quatre-vingt-un ans après le 8 mai 1945.
La France ressemble à une cocotte-minute au bord de l’explosion. Les résultats électoraux du dimanche 20 septembre à Berlin intensifient les aspérités entre deux camps extrêmes, prêts à en découdre. On se trouve, parmi la capitale allemande, dans une situation ressemblant grosso modo aux aigreurs furieuses de la République de Weimar, projetée entre 1919 et 1933 au cœur d’une société proche de la guerre civile. En Saxe-Anhalt, les nouveaux maîtres menacent d’imposer aux institutions culturelles des cahiers des charges rappelant les oukases et autres proscriptions en usage sous Hitler.
En Israël, les événements sanglants ayant débuté le 7 octobre 2023 transforment ce pays en une maison tragique. Les intellectuels et les artistes ne se prosternant pas devant le gouvernement sont voués aux gémonies. Le chef d’orchestre Lahav Shani (*1989) – directeur musical de l’Orchestre philharmonique d’Israël – est conspué dans une partie de l’Europe. En quoi est-il responsable des représailles décidées par Benjamin Netanyahou contre les Palestiniens ? En rien. Non seulement, son apparition à la Philharmonie de Paris en novembre 2025 a déchaîné un scandale d’une grande vulgarité, donnant une image lamentable de la France. Mais la perspective de sa prochaine venue en Belgique y agite fortement les esprits. Par contre, on le laisse tranquille à l’Orchestre philharmonique de Munich, dont il est aussi directeur musical.
Rappel historique : les accointances du Dr. Wilhelm Furtwängler avec le régime nazi ne l’empêchèrent pas de triompher ici et là en Europe bien avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. On lui offrait alors des roses, pas des boules puantes. L’art était alors vénéré. Il ne l’est plus de nos jours.
Dr. Philippe Olivier
