La pièce de Wendy Beckett traite d’un sujet délicat: l’adoption et la relation que nous avons généralement avec notre propre mère.
Le triangle formé par la mère biologique et par la mère adoptive avec l’enfant – souvent pris en étau – peut s’avérer source de conflits et de souffrances.
L’Espoir parle du tiraillement et des peurs que peuvent ressentir les protagonistes confrontés un jour à la vérité, celle que l’enfant en âge de découvrir va devoir affronter et digérer.
La construction lente, périlleuse et douloureuse ressemble souvent à un chemin de croix : la pièce d’aujourd’hui en est l’illustration vivante et nous interpelle.

Notre avis sur la représentation du 3 septembre :
Nous retrouvons pour la seconde fois cette année l’autrice Wendy Beckett qui nous avait offert Seuls mes cheveux sont gris dans ce même lieu.
Changement total de registre pour celle- ci !
Loin du marivaudage et de la légèreté de la première, cette exploratrice du vécu semble bien au fait de son sujet : adoptée elle-même, elle adoptera par la suite.
Le réalisme des situations engendre une suite de scènes assez réalistes, parfois violentes mais heureusement tempérées par d’autres très émouvantes.
L’humour, pas totalement absent, permet aux comédiennes de jongler avec des registres différents et montrer ainsi la palette de leurs talents.

En tête de distribution Sandrine Seubille (la mère adoptive) illumine la scène : tantôt mère aimante, tantôt mère dévorante monstrueusement égoïste, elle nous épate comme à l’accoutumée, voguant allègrement entre les genres théâtraux.
De la comédie musicale qu’elle chérit tant (Chicago, La Voix d’or, Cher Evan Hansen) au théâtre (Les Téméraires), sa présence sur les scènes s’avère à chaque fois d’incontournables rendez-vous.

Christine Gagnepain (la mère biologique) applaudie maintes fois dans la pièce d’Eric Bu, Dolto,lorsque Françoise paraît, pétrie de culpabilité, nous a beaucoup touchés par sa sensible incarnation d’une femme brisée par la destinée.

La jeune Jenny Trehout, véritable révélation de la pièce, d’une justesse de jeu infinie dotée d’une maturité affirmée semble promise à un bel avenir théâtral.
Le texte court, mais percutant, élégamment mis en scène par Diana Iliescu nous interpelle et fait réfléchir sur les conséquences d’une adoption.
La fin heureuse nous apaise et nous rassure, fort heureusement…
Un fort et joli moment de théâtre à savourer d’urgence !
Philippe POCIDALO
3 septembre 2026
Écrit par Wendy Beckett
Mise en scène Diana Iliescu
Sandrine Seubille, Christine Gagnepain, Jenny Trehout




