Monaco : un déferlement de Monnet

Monaco : un déferlement de Monnet

jeudi 12 mars 2026

©Alice Blangero

L’événement du premier concert symphonique du Printemps des Arts de Monaco a été la création du Concerto pour piano de Marc Monnet. On ne saurait trop remercier ce festival de nous faire entendre de la musique d’aujourd’hui et d’y lancer les grands moyens, comme ceux du magnifique Philharmonique de Monte-Carlo !

On connaissait à Monaco la personnalité riche, fantasque, de celui qui fut pendant quinze ans directeur du Printemps des arts avant que Bruno Mantovani n’en prenne la tête. On a été heureux de le retrouver en tant que compositeur et de se laisser convaincre par sa musique abondante, foisonnante, jaillissante.

Le long Concerto de Marc Monnet comprend trois mouvements. Sa musique déborde, pousse comme une végétation touffue, vibrante, indisciplinée. Elle aime les notes répétées : des do, des ré qui se succèdent inlassablement. Elle martèle des agrégats sonores dissonants constitués de notes conjointes (do, ré, mi, fa). Lorsqu’il n’est plus dans les notes répétées, l’orchestre explose en éruptions furieuses. Le pianiste, saisi d’une fièvre virtuose, court d’un bout à l’autre du clavier, semant des gerbes d’arpèges comme une pluie d’étincelles. Soudain, au début de la cadence, un accord de mi bémol nous donne un repère tonal. On souffle. Puis tout repart dans un nouveau jaillissement. A certains moments, des sons ténus émanent de l’orchestre, auxquels le pianiste répond par des frappements détimbrés. Mais en toute circonstance, Marc Monnet reste maître du jeu. Son tumulte est dompté. Et cela nous séduit. C’est ainsi que nous avons retrouvé avec plaisir, dans son constant pouvoir de nous surprendre et de nous séduire l’ex directeur du Printemps des arts.

Il y en a un qu’il faut féliciter : c’est le pianiste Jean-Frédéric Neuburger. Avoir tant de notes dans les doigts, maîtriser un tel débordement musical, relève de l’exploit. Avec son allure de grand jeune homme sérieux, il l’accomplit aisément.

À la tête de l’orchestre, Pascal Rophé tenait l’ensemble d’une main sûre. Il faut dire que la musique contemporaine est pour lui un territoire familier : il y circule avec assurance.

L’autre pièce maîtresse du concert était Images de Debussy. Il la dirigea avec la même autorité, à l’emporte pièce.

André PEYREGNE
12 mars 2026

 

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