La programmation du Requiem de Mozart, du Requiem de Verdi ou de la 9e Symphonie de Beethoven est toujours un événement dans la saison symphonique. C’est le Requiem de Mozart qu’a mis à son programme cette année le Philharmonique de Monte-Carlo.
On n’écoute jamais ce Requiem sans frisson. Dès les premières mesures, quelque chose se soulève en nous : ces harmonies d’une clarté surnaturelle, ces fugues qui s’élèvent avec la grandeur des cathédrales, ces chœurs tantôt ardents, tantôt séraphiques, ouvrant de larges fenêtres sur le paradis. Et toujours, insistante, presque douloureuse, cette pensée dont on ne se défait pas : Mozart est mort à trente-cinq ans en écrivant cette œuvre. Le passage tendre, presque tremblant, du Lacrimosa — cette plainte douce comme une larme retenue — fut la dernière page qu’il ait écrite.
Kazuki Yamada a tenu d’une main ferme son orchestre.
Pour cette soirée, deux chœurs avaient été réunis : le Coro del Friuli Venezia Giulia, venu de la terre vénitienne, et le Chœur de chambre 1732 des Alpes-Maritimes, dirigé par Bruno Haber, chef très estimé.
Rassembler deux ensembles pour une aventure ponctuelle n’est jamais chose aisée. L’union s’est faite pour le mieux, particulièrement du côté des pupitres masculins. Dans les passages piano, notamment le Lacrimosa, Kazuki Yamada obtint de beaux moments de cohésion.
Les solistes étaient la soprano Lauranne Oliva, la mezzo Anna-Lucia Richter, le ténor Maximilian Schmitt, la basse Alexander Grassaue. On apprécia la solidité marmoréenne de la basse et le style mozartien de la jeune soprano.
Salle comble, grand succès.
André PEYREGNE
24 janvier 2026
