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Cyrano de Bergerac, La Comédie Musicale – 15 novembre 2025 au Palais Nikaïa à Nice 

Cyrano de Bergerac, La Comédie Musicale – 15 novembre 2025 au Palais Nikaïa à Nice 

samedi 15 novembre 2025

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En été 2021, le Port de Nice vit la création de Roxane, un spectacle musical produit par Gil Marsalla1 d’après la célèbre pièce d’Edmond Rostand Cyrano de Bergerac, l’écriture et la composition musicale étant signée par Philippe Hattemberg et Stéphane Brunello, déjà auteurs de comédies musicales telles que Le Roi Soleil. Une équipe qui, avec les chanteurs du cru, pouvait se vanter de porter haut une production exclusivement composée d’artistes du département des Alpes Maritimes.

Quatre années plus tard, fruit d’une longue maturation, la même équipe donne naissance à un nouveau projet de grande envergure dénommée Cyrano de Bergerac La Comédie Musicale. Une relecture ambitieuse du chef-d’œuvre de Rostand porté par 23 chansons originales, un large ensemble de comédiens-chanteurs- danseuses-musiciens et un dispositif scénographique conçu pour l’immensité du Palais Nikaïa à Nice ainsi que pour une tournée en France et à l’étranger notamment en Belgique et en Chine.

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Un “Cyrano” grand-format, entre panache, modernité et musicalité contemporaine

Belle audace que celle de transposer l’un des plus grands monuments et l’une des plus bouleversantes histoire d’amour du théâtre français dans un format de grande comédie musicale située dans les années 1980, au cœur de l’univers du spectacle vivant et du show-business, où Cyrano devient une figure d’artiste écorché, poète du verbe autant que créateur de l’ombre ! La démarche ne nuit en rien à la force du propos : Cyrano, artiste blessé, condamné à aimer sans être vu, demeure au cœur du récit.

La modernisation narrative et esthétique de ce « musical » permet de rendre accessible l’œuvre classique à un public plus large sans en trahir l’esprit.

Gil Marsalla, connaît l’exigence des spectacles à grand déploiement dans lesquels on ne doit pas renoncer pour autant à l’émotion poignante qui fonde le mythe du héros. Un pari risqué… mais victorieusement assumé par une création ambitieuse, généreuse et qui ne manque ni d’éclat ni de panache.

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Quand Rostand rencontre la comédie musicale : une fresque moderne, éclatante et profondément humaine

« Il l’aimait en silence, il souffrait en secret… Il écrivait dans l’ombre des chansons qu’un autre chantait dans la lumière… »

Dans cette adaptation moderne de l’œuvre de Rostand, Cyrano « écrit du mieux qu’il peut des chansons que d’autres chantent ». Solitaire, lucide, ironique, il cache derrière ses textes une sensibilité profonde et une blessure intime : son amour impossible pour Roxane, jeune danseuse à l’Opéra de Paris, que l’on découvre lors d’une répétition dans le grand foyer, entourée du corps de ballet.

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De Guiche, ici, devient un producteur tout-puissant, maître du destin des artistes qu’il choisit de lancer. Lors d’une soirée mondaine, Cyrano détourne sa célèbre tirade des nez en un numéro d’autodérision ironique qui révèle son talent mais aussi son amertume. C’est au cours de cette soirée que surgit Christian, un chanteur talentueux, charismatique… mais fragile. En proie à la drogue et à l’alcool, il incarne la jeunesse et la passion.

La rencontre entre Christian et Roxane déclenche une attraction immédiate, rappelant les amours foudroyantes de Tony et Maria dans West Side Story. Cyrano, lui, se retire dans sa solitude : « Comment ai-je pu croire qu’elle pourrait m’aimer ? Elle est le printemps, et moi je suis l’automne. »

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Séduit par la voix et la sincérité de Christian, De Guiche décide de l’engager pour sa prochaine production musicale dont Cyrano sera le compositeur. Une amitié se tisse alors entre les deux hommes. Cyrano, admiratif et protecteur, accepte d’aider Christian à conquérir Roxane : « Je serai ton esprit, tu seras ma beauté. »

Commence alors le jeu cruel du double amour : Christian chante les mots de Cyrano, qui prête son âme et son talent à celui que Roxane croit aimer. Les lettres qu’elle reçoit, d’une poésie bouleversante, la persuadent que Christian est un génie de cœur et d’esprit. Cyrano, silencieux, souffre dans l’ombre.

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Après la scène du balcon, transposée en une chanson nocturne pleine d’émotion, Christian part en tournée. Loin de Roxane, épuisé par la gloire et ses excès, il meurt d’une overdose.

Cyrano, fidèle à sa promesse, veille sur Roxane pendant des années. Il continue d’écrire et de composer, jusqu’au jour où, malade et affaibli, il la retrouve. C’est en entendant Cyrano interpréter une chanson sans partition, de mémoire, que Roxane comprend enfin la vérité : l’homme qu’elle a toujours aimé sans le savoir : c’était lui.

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Dans un dernier souffle, Cyrano s’éteint, emportant avec lui le souvenir et l’image de Roxane, tandis que la musique, leur lien éternel, continue de résonner.

Pour cette édition, on retrouve l’écriture et la composition signées Philippe Hattemberg et Stéphane Brunello. La mise en scène est assurée par Gil Marsalla et la chorégraphie par Olivier Matheron.

Le projet revêt une forte dimension locale (Nice étant le berceau de la production) avec, à l’appui, une tournée nationale et internationale.

Le résultat ? Un Cyrano vivant, généreux, et souvent galvanisant, conçu comme une grande fresque musicale pour le public d’aujourd’hui

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Une scénographie et une mise en scène amples, fluides, pensées pour une vaste salle

La scénographie joue beaucoup sur l’éclairage et les ambiances (lumières vives, atmosphère de plateau de spectacle) : les concepteurs prennent le parti d’un usage fluide de la scène, et d’un jeu visuel très contemporain.

De fort beaux costumes viennent aussi enrichir le spectacle, avec plusieurs changements tant pour les artistes principaux que pour la troupe, apportant également une touche visuelle bienvenue.

Avec une direction d’acteurs attentive aux trajectoires émotionnelles qui donnent au spectacle une dynamique constante, Gil Marsalla évite l’écueil de la surenchère : il privilégie la lisibilité et l’efficacité plutôt que la débauche d’effets : un choix idéal pour maintenir en haleine les 23 numéros musicaux. Le rythme est enlevé, l’énergie palpable, la mise en scène fluide et visuellement attractive

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On admire les chorégraphies trépidantes signées Olivier Matheron et de ses 12 danseurs. Les danses ne sont pas là pour « illustrer » : elles prolongent les émotions, matérialisent les tensions, incarnent les pulsations du récit. Il faut encore louer la prestation des musiciens en live d’un très haut niveau.
L’atmosphère générale rappelle parfois l’opéra-rock, parfois la comédie musicale française façon Notre-Dame de Paris, sans jamais perdre le fil de l’histoire.

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Une partition musicale éclectique et généreuse, riche en couleurs et en styles

La musique – signée Philippe Hattemberg et Stéphane Brunello – s’affranchit de tout dogme stylistique. Elle mêle habilement morceaux rock, passages jazzifiés, chansons sentimentales…une diversité qui crée, dans une parfaite fluidité, une atmosphère vivante, colorée et porteuse d’émotion : un atout susceptible d’attirer et d’intéresser un public large et transgénérationnel,

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Le traitement musical est inventif, et la dimension dansée – souvent sous-exploité dans les adaptations de Cyrano – est ici pleinement assumée.

Plusieurs morceaux frappent par leur efficacité dramatique notamment les chansons introspectives de Cyrano, les confrontations Cyrano/Christian, et l’air final, poignant, où plane l’ombre du leitmotiv amoureux.

Une distribution solide, homogène et totalement investie.

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Alain Gorla incarne un Cyrano moins « monumental » que dans la tradition théâtrale, mais intensément humain, sensible, mobile. Son jeu repose sur une sensibilité à fleur de peau, une diction naturelle, et une capacité à faire entendre les blessures intérieures du poète- compositeur. Dans les scènes chantées, sa voix claire et pénétrante et bien projetée porte avec élégance les mélodies introspectives. Moins « soldat de tragédie », plus homme blessé : un choix qui fonctionne parfaitement dans pareil environnement musical.

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Joséphine Cosoleto dessine une Roxane plus active, plus droite, moins ingénue que dans la version traditionnelle. Sa présence scénique, lumineuse et déterminée, donne au personnage une assise contemporaine bienvenue.
Sa voix souple et bien timbrée offre les couleurs les plus nuancées du spectacle.

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Romain Dos Santos : son Christian attachant chanteur séduisant mais à l’âme sombre, gagne en modernité : moins « guerrier romantique », plus jeune homme maladroit touchant par sa naïveté assumée mais profondément sincère bien que tourmenté. Sa voix agréable et son jeu franc en font un excellent partenaire dramatique.

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Bertrand Borgognone (De Guiche) dessine un producteur extraverti, cynique et sans scrupules avec autant d’humour que du sens du swing.

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Isabelle Servol (La récitante) : En narratrice élégante et comédienne accomplie, elle accompagne le public, éclaire l’action, structure le récit. Cette distance qui pourrait faire écran, rend au contraire l’histoire accessible à ceux qui découvrent Cyrano pour la première fois.

L’ensemble du cast apporte une cohésion, une énergie, une implication qui participent largement à la réussite du spectacle.

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Un Cyrano de Bergerac généreux, populaire et sincère porteur d’une belle promesse

En s’attaquant à un monument aussi emblématique du répertoire français, les créateurs de cette comédie musicale savaient que le pari était grand.
Le résultat – un succès incontestable lors de cette première – leur ouvre la porte à de grandes espérances.

Loin de vouloir rivaliser avec le texte de Rostand, la lecture contemporaine, qui nous en est proposée – où la musique devient l’écrin d’une émotion toujours aussi bouleversante – nous touche par l’humanité fragile de ce Cyrano réinventé, par la beauté lumineuse de Roxane, par l’élan collectif d’un spectacle qui croit à la puissance du rêve. La modernité n’efface pas le romantisme : elle en révèle, au contraire, la brûlure intime.

Ce Cyrano niçois, généreux, émouvant et vibrant qui impose une identité forte, à la fois populaire et sincère, nourri d’un réel amour du spectacle, mérite d’être suivi de près : il témoigne d’une vitalité du théâtre musical français hors des sentiers de la capitale, et d’une audace provinciale devenue rare à cette échelle.

Christian JARNIAT
15 novembre 2025

1En quelques années, Gil Marsalla, musicien, producteur et metteur en scène niçois, a réussi à faire du patrimoine musical français, un succès mondial au travers des spectacles qu’il produit et met en scène.  A titre de seul exemple Piaf ! Le Spectacle, est devenu en quelques années le plus gros succès mondial francophone avec plus de 2000 représentations dans 70 pays et plus d’un million de spectateurs !

Adaptation, livret et musique : Philippe Hattemberg, Stéphane Brunello, ,
Mise en scène : Gil Marsalla
Chorégraphie : Olivier Matheron
Costumes : Sabine Marsalla
Son : Chloé Munoz
Lumières : Gregory Folio
Production : Directo Prod

Distribution :

Cyrano : Alain Gorla
Roxane : Joséphine Coletto
Christian : Romain Dos Santos
De Guiche : Bertrand Borgognone
La narratrice : Isabelle Servol

Corps de ballet : Sarah Guerchon, Lou Marsalla, Maeva Sebban, Manon Vibert, Marie Couturier, Margaux Giordano, Suzy Primet, Coline Chatelot, Daniele Di Giorgio, Mateo Journot, Bryan Guilbart et Jonathan Planat

Tournée internationale prévue : dès février 2026 (France, Belgique, Chine)

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