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Le centenaire de la Callas

Le centenaire de la Callas

samedi 2 décembre 2023

© Youtube / Warner Classics

Elle était l’opéra à elle seule. Il suffisait qu’elle entre en scène pour que tout disparaisse autour d’elle : les

décors, les partenaires. Elle était à la fois la chanteuse et la tragédienne. La cantatrice et l’actrice. Elle

donnait une dimension mythique à ses personnages. Avec elle, Médée, Tosca, la Vestale, Norma

envahissaient la scène, assaillaient nos esprits et nos cœurs. Telle était Maria Callas.

On célèbre le 2 décembre 2023 les cent ans de sa naissance. Deux décembre ! Les fans de Napoléon fêtent

la victoire d’Austerlitz et les amateurs d’opéra la venue au monde de la Callas.

On a tout dit sur elle. Tout et même davantage. Il serait alors vain d’ajouter quoi que ce soit. Il n’y a qu’à

se souvenir d’elle et repasser encore et encore ses C.D. et DVD , issus de captations pirates ou

d’enregistrements officiels. Il n’y a qu’à laisser venir à nous ses Lucia, Aïda, Manon, Mimi, Rosine ou

même de Carmen, Dalila, ou encore Marguerite de rêve. Elle a donné vie à cette cohorte d’héroïnes,

portées par une voix qui pouvait être de mezzo ou de soprano.

Maria Callas est une légende. Mais cette légende était aussi une femme.

C’est ainsi que le 22 juillet 1959, à Monaco, elle s’embarqua à bord du yacht Christina d’Aristote Onassis.

Il y avait d’autres invités à bord, dont Winston Churchill et son épouse et le propre mari de Maria, Battista

Meneghini, de vingt-huit ans plus âgé qu’elle, qu’elle avait épousé trois ans plus tôt.

C’est au cours de cette croisière que naquit l’idylle entre la diva et l’armateur. Au retour à Monaco, le

couple d’Onassis et Maria s’installa en Principauté. Une amitié se noua avec le couple princier de Rainier

III et Grace Kelly.

Une correspondance nous est restée entre la princesse et la cantatrice, les deux femmes au destin tragique.

Une partie de cette correspondance a été publiée aux éditions Albin Michel. Ainsi cette lettre touchante

d’avril 1973, envoyée d’Allemagne, lorsque Maria, depuis plusieurs années, avait été abandonnée par

Onassis (au profit de Jacky Kennedy), s’était retirée de la scène lyrique et se risquait encore à donner des

concerts : « Chère Grace, les choses se sont très bien passées. Les Allemands m’adorent et comprennent

les petites faiblesse que j’ai montrées. Ils savent bien sûr que je ne peux pas être ce que j’étais il y a dix ou

quinze ans, mais j’ai pu arriver à stabiliser ma voix ces dix dernières années. Durant cette longue tournée

je vais évidemment acquérir davantage de confiance et m’améliorer. Le reste, la présence scénique, etc.,

est toujours là… Toute mon affection à vous tous et sois bénie pour être si merveilleuse. Bien à toi.

Affectueusement. Maria. »

Deux femmes, oui, au destin tragique : Grace Kelly est morte en 1982, à 52 ans, dans un virage, sur la

Grande Corniche, au dessus de Monaco. Maria, elle, est décédée en 1977, à 53 ans, dans son appartement

parisien, un tube de somnifères ouvert à ses côtés, consommé à l’excès.

La femme est morte, la légende continue…

André PEYREGNE

 

 

 

 

 

 

 

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